René Lacôte, le Stradivarius de la guitare

Le 1er mai 2021, à l’occasion de notre première vente de vents et d’instruments à cordes pincées de l’année, deux guitares de René Lacôte (1785 – c.1868) étaient présentées aux enchères. Outre le fait que ces instruments aient été réalisés par le “Stradivarius de la guitare”[1], ils présentent l’intérêt de refléter deux périodes importantes de la production du luthier, donnant ainsi un aperçu de l’évolution de sa production. La première guitare a été réalisée dans les années 1820, au début de sa reconnaissance publique et de ses premières innovations ; la seconde est datée de 1844, alors que ses inventions majeures ont toutes été conçues et que son modèle s’impose en France – faisant de son travail une référence en matière de guitare romantique.

[1] René Vannes, Dictionnaire universel des luthiers, 1979.

Le Stradivarius de la guitare

C’est à René Vannes que nous devons l’expression qualifiant Lacôte de “Stradivarius de la guitare”. Celle-ci, comme c’est également le cas pour Tourte dans le domaine de l’archèterie, le hisse au rang de plus grand fabricant de guitares du XIXème siècle. Cette estime s’explique par le souci constant qu’il eut de faire évoluer la guitare pour en parfaire la pratique, tout en restant à l’écoute des musiciens. Il a ainsi apporté des innovations améliorant la puissance et la tessiture de l’instrument, mais également le confort de jeu, et ce tout au long de sa carrière. Une longue carrière, puisque le dernier instrument connu de Lacôte date de 1868, alors qu’il est âgé de 83 ans. Sur sa vie, nous ne savons pas grand chose. Il entre dans l’atelier parisien de Pons en 1810 et travaille avec lui jusqu’en 1818. Tout porte à croire qu’il s’agit de Joseph Pons, et non de son père César actif à Grenoble, dont la production est plus conventionnelle[1].


[1] Sinier de Ridder, “Lacôte à Paris”, Conférence donnée à l’occasion des fêtes de Sainte-Cécile, patronne des musiciens et des luthiers, à Mirecourt le 22 novembre 2003, pour le GLAAF, Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France.

Par la suite, Lacôte continue d’exercer à Paris, à diverses adresses, comme en témoignent les étiquettes des guitares de la vente du 1er mai 2021 sur lesquelles apparaissent deux de ses principales adresses : “Place des Victoires” et “Rue des Martyrs”. Malheureusement, on ne conserve pratiquement aucune archive sur sa vie personnelle, son entourage et ses relations professionnelles. Le fonctionnement de son atelier reste un mystère et on ne lui connaît qu’un élève officiel, en la personne de Huel. Celui-ci aurait probablement dirigé pour Lacôte, la firme “Lacôte & C.ie” jusqu’en 1862[1]. Ses guitares, parfois très proches de celles de son maître, confirment cette relation. Enfin, bien qu’on ne lui connaisse pas d’autres élèves, les nouveautés proposées par Lacôte sont très appréciées et rapidement reprises par les luthiers français. Dès 1840, on retrouve ainsi à Mirecourt des guitares intégrant les principes constructifs qu’il a mis au point.


[1] Sinier de Rider, La guitare, Paris, 1650 – 1950, 2007, p52.

La collaboration avec Pons

La production de Lacôte est marquée par ses premières années de formation auprès de Joseph Pons. Ce dernier, très renommé, jouit alors d’une belle position et travaille pour les plus grands commanditaires – des musiciens célèbres à Napoléon. Joseph Pons et son frère Louis, avant Lacôte, font évoluer la guitare et inventent ce qu’on appelle communément “la guitare romantique”. Néanmoins, c’est Lacôte qui va réellement diffuser leurs avancées, les poursuivre et finalement les dépasser. Parmi les innovations que Lacôte reprit sur Pons, on pense notamment aux barres du bas de table, aux chevilles à papillon et aux têtes en huit ou en palette inspirées des guitares napolitaines. Un modèle de 1830, passé en vente à Vichy Enchères en 2019 (le 9 novembre 2019), offre un bel exemple de tête en huit pourvue de chevilles à papillon et est très proche des guitares de Pons. Le musée de la Musique de Paris conserve également une guitare de ce type, réalisée en 1833, témoignant de l’importante influence exercée par Pons sur Lacôte, des années 1810 à 1830.

En outre, la collaboration de Pons et de Lacôte les a amenés à utiliser des bois parfaitement secs, évitant ainsi le risque de déformations et de craquements et assurant une meilleure qualité aux instruments. Ils partagent également les mêmes types de montages du manche, intégrant le talon dans un bois massif ou utilisant un joint de collage de forme ronde permettant de renforcer la solidité de la guitare. 

“Le fond de la guitare subira aussi des modifications après la collaboration Pons-Lacôte. Après 1820, il sera presque systématiquement d’une pièce, évitant le joint et le couvre-joint du dos. La table restera composée d’une même planche coupée et ouverte en deux. C’est également à partir des années 1810 que Lacôte et Pons utiliseront des fonds plaqués sur de l’épicéa, bois de résonance léger et nerveux.”[1]

Des procédés de construction que l’on observe particulièrement sur les instruments réalisés en première partie de carrière, à l’image de la guitare de la vente du 1er mai 2021 de Vichy Enchères datée des années 1820, dont le fond est plaqué sur de l’épicéa.


[1] Sinier de Ridder, “Lacôte à Paris”, Conférence donnée à l’occasion des fêtes de Sainte-Cécile, patronne des musiciens et des luthiers, à Mirecourt le 22 novembre 2003, pour le GLAAF, Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France.

Une constante innovation créatrice

Bien que ses années de formation et de collaboration avec Pons aient durablement marqué sa production, Lacôte développera ses propres inventions. Il passera sa vie à chercher comment améliorer la sonorité des guitares, considérant les avancées techniques de son époque et les nouveaux matériaux. Il s’intéressera notamment aux différentes essences de bois, auxquelles il appliquera plusieurs traitements pour en modifier la teinte et en parfaire les qualités sonores. Le luthier travaillera également sur un système de barrage de la guitare qu’il conservera toute sa vie :

“Lacôte, observant les musiciens italiens qui font les grandes heures de la musique à Paris, a l’idée de modifier la barre placée entre le chevalet et le tasseau du bas. Il l’amincit au milieu lui laissant deux pointes sur les côtés, raidissant ainsi la table comme le font les fameuses moustaches italiennes”[1].


[1] Ibid.

Au début de sa carrière jusque dans les années 1830, il met progressivement au point l’un de ses deux modèles principaux, à l’allure plutôt sobre et aux chevilles simples ou à frein. La guitare de la vente du 1er mai 2021, réalisée durant les années 1820, offre un exemple de cette “sobriété” du premier modèle. Elle conjugue l’enseignement de Pons et les premières innovations de Lacôte. Son étiquette indique l’adresse de l’atelier “Place des Victoires”, occupé par le luthier de 1823 au 15 avril 1829[1]. En 2004, à Vichy Enchères, une guitare de Lacôte de 1829 correspondait également à ce type de modèle et conservait ses chevilles à frein d’origine, très inspirées de celles de Pons. Il est intéressant de constater que cet instrument et celui des années 1820 de la vente du 1er mai 2021, bien que de la même époque, n’aient pas été réalisés dans le même atelier – comme en témoignent leurs étiquettes. Celui de la prochaine vente provient de l’atelier “Place des Victoires”, alors que celui de la vente de 2004 a été conçu rue de Richelieu, juste après le déménagement de l’atelier le 15 avril 1829.


[1] Sinier de Rider, La guitare, Paris, 1650 – 1950, 2007, p.50.

L’invention d’un nouveau modèle

Probablement aux alentours de 1830, Lacôte met au point un système permettant de cacher les mécaniques et de les enclaver dans la tête. Dès lors, ce nouveau procédé modifie l’apparence de ses instruments et participe au développement d’un nouveau modèle de guitare plus personnel. La tête – et la forme générale – sont quelque peu agrandies, sans toutefois que les principes constructifs précédemment mis au point, tels que le barrage, ne soient abandonnés. La nouvelle invention de Lacôte a des intérêts certes esthétiques, mais aussi pratiques, puisque les mécaniques cachées sont protégées de l’humidité et permettent au musicien de s’accorder plus facilement. La guitare datée de 1844, de la vente Vichy Enchères du 1er mai 2021, est un bel exemple de ce deuxième type de modèle conçu par Lacôte.

La forme de la tête – sur laquelle se trouve gravée “Lacôte Paris” – est caractéristique de la production de l’époque du luthier, comme en atteste cet instrument de 1841. En outre, la guitare de 1844 a l’intérêt de conserver son étiquette d’origine mentionnant les deux médailles tout juste remportées par Lacôte lors des Expositions nationales de 1839 et 1844. En bon état, il s’agit d’un intéressant témoignage du deuxième modèle développé par Lacôte, d’autant plus que l’on retrouve, en France, assez peu d’instruments du maître réalisés entre 1835-1850. En effet, suite aux Trois Glorieuses et à l’épidémie de choléra de 1832, Lacôte fut de ceux qui se tournèrent vers le marché londonien.

Un travail en étroite relation avec les musiciens

À Londres, Lacôte va collaborer avec Robert Cocks, le marchand de Jean-Baptiste Vuillaume. Les guitares vendues par Cocks portent alors une étiquette interne annotée “R. Cocks”. Tout au long de sa carrière, Lacôte a travaillé avec et pour les musiciens. Il s’associe notamment à Fernando Sor, un guitariste et compositeur très renommé à Londres, qui joue sur certains de ses instruments. Ceux-ci se distinguent par une étiquette annotée “Sor” collée à côté de celle du luthier.

Cette démarche, certes commerciale, est également une marque de considération puisqu’elle témoigne de l’estime du musicien pour Lacôte, qui n’hésite pas à associer son nom à celui du luthier.

“Cette petite étiquette n’indique pas une collection privée, celle de Sor. Elle est imprimée sur le même genre de papier très fin que les autres étiquettes de Lacôte et Cocks. Elle indique plutôt un modèle choisi ou conseillé par le maestro.”[1]

De fait, dans sa méthode pour guitare traduite en anglais en 1836, Sor mentionne Lacôte parmi ses luthiers favoris :


[1]  Sinier de Ridder, “Lacôte à Paris”, Conférence donnée à l’occasion des fêtes de Sainte-Cécile, patronne des musiciens et des luthiers, à Mirecourt le 22 novembre 2003, pour le GLAAF, Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France.

M. Lacote, a French maker, the only person who, besides his talents, has proved to me that he possesses the quality of not being inflexible to reasoning… The guitars which I have always given the preference are those of Alonzo of Madrid, Pages and Benediz of Cadiz, Joseph and Manuel Martinez of Malaga, or Rada, successor and scholar of the latter, and those of M. Lacote of Paris.”

Fernando Sor, Method for the Spanish Guitar, Tecla, 1836.

La guitare de 1844 de la vente du 1er mai 2021 fait précisément partie des quelques instruments ayant été parrainés par Sor, comme l’indique l’étiquette à l’intérieur.

Cette haute réputation de Lacôte auprès des musiciens n’est pas étonnante compte tenu du travail sans relâche dont il fit preuve pour améliorer la qualité et le confort de leur jeu. En témoignent les nombreux brevets déposés tout au long de sa vie. L’exemple du brevet de la décacorde déposé en 1826, avec le guitariste Fernand Carulli, est significatif de ce travail en collaboration avec les musiciens. Notons qu’une rare décacorde est conservée au musée de la Musique de Paris.

Lacôte a également inventé une guitare dite “à la tierce”, pensée pour les “guitaristes les plus expérimentés” afin de leur offrir “une plus grande virtuosité dans les aigus”[1]. Un intéressant modèle de guitare “à la tierce” réalisé en 1830 a été vendu à Vichy Enchères en 2006. Les collaborations entre Lacôte et d’illustres musiciens furent nombreuses et témoignent de la prise en compte, par le luthier, des besoins de chacun. Des besoins parfois originaux, comme en atteste cette guitare remaniée en heptacorde pour le compositeur Napoléon Coste, vendue le 10 décembre 2005.


[1]  Sinier de Rider, La guitare, Paris, 1650 – 1950, 2007, p.44.

Le représentant de l’École parisienne

La longue carrière de Lacôte, ses recherches constantes pour améliorer le jeu et la qualité des instruments, expliquent le succès et la diffusion de ses modèles. Au début du XIXème siècle, il fait alors figure de représentant de l’École parisienne, puis de chef de file de l’École française. Héritant des avancées mises au point par Joseph Pons – considéré comme le père de la guitare romantique – il en perfectionne et diffuse le modèle qui sera dès lors adopté par un grand nombre de luthiers.

“En 1850, la facture de guitares en France est à son apogée. Lacôte est un artisan recherché qui travaille en collaboration avec les plus grands artistes.”[1]

Ainsi, l’histoire de la guitare a été profondément marquée par le travail de René Lacôte, qui modernisa l’instrument, tout en s’appuyant sur le savoir-faire traditionnel. Après lui, il faudra attendre l’espagnol Antonio de Torrès pour que les formes de la guitare changent à nouveau, de sa version romantique à classique… 


[1]  Sinier de Ridder, “Lacôte à Paris”, Conférence donnée à l’occasion des fêtes de Sainte-Cécile, patronne des musiciens et des luthiers, à Mirecourt le 22 novembre 2003, pour le GLAAF, Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France.

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RENE LACOTE,
THE STRADIVARIUS OF THE GUITAR

Our first sale of 2021 of wind and plucked instruments, on 1st May, included two guitars by René Lacôte (1785 – c.1868). In addition to having been made by the ‘Stradivarius of the guitar’ [1], they are also of interest because they are characteristic of two important periods of production for this maker, providing an insight into the way in which his output evolved. The first guitar was made in the 1820s, when he first gained public recognition and carried out the first of his innovations; the second is dated 1844, at a time when he had introduced all his major innovations and his model was becoming prevalent in France, making his work a point of reference for the Romantic guitar.

[1] René Vannes, Dictionnaire universel des luthiers, 1979.

The Stradivarius of the guitar

It is René Vannes who first coined the expression “the Stradivarius of the guitar” in reference to Lacôte. The comparison, which was also made about Tourte in the field of bow making, placed him amongst the greatest guitar makers of the 19th century. The high regard in which he is held is also attributable to his constant efforts to improve the guitar and perfect its playing, whilst remaining at the service of musicians. Indeed, throughout his career, he developed innovations to increase the power and range of the instrument, but also its playability. His was a long career, and his last instrument, dated 1868, was made when he was 83 years old. We don’t know much about his life. He joined the Parisian workshop of Pons in 1810 and worked alongside him until 1818. All indications are that this was Joseph Pons, not his father César, who was active in Grenoble and whose output was more conventional[1].


[1] Sinier de Ridder, “Lacôte à Paris”, Conférence donnée à l’occasion des fêtes de Sainte-Cécile, patronne des musiciens et des luthiers, à Mirecourt le 22 novembre 2003, pour le GLAAF, Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France.

Thereafter, Lacôte continued to work in Paris, at various locations, as demonstrated by the labels in the two guitars in the 1 May 2021 auction which include his two main addresses: “Place des Victoires” and “Rue des Martyrs”. Unfortunately, there are barely any extant historical documents regarding his private life, his entourage, or professional relationships. The running of his workshop remains a mystery and only one of his pupils is officially known to us: Huel. It is believed that he ran the Lacôte & C.ie firm, on behalf of Lacôte, until 1862[1]. His guitars, sometimes very similar to those of his master, attest to this relationship. Finally, although no other pupil of his is known, the innovations developed by Lacôte were very popular, and quickly adopted by the other French makers. From 1840, guitars incorporating his construction principles could be found in Mirecourt.


[1] Sinier de Rider, La guitare, Paris, 1650 – 1950, 2007, p52.

The collaboration with Pons

The output from Lacôte is shaped by his first formative years with Joseph Pons. The latter was very renowned and enjoyed a privileged position, working for the most prestigious patrons, including the famous musicians of Napoléon. Before Lacôte, Joseph Pons and his brother Louis made changes to the guitar and invented what is commonly referred to as the ‘Romantic guitar’. However, it is Lacôte who can be credited with spreading their innovations, continuing their experimentation and ultimately surpassing them. The innovations from Pons that Lacôte incorporated into his instruments include the bars at the lower end of the front, the butterfly tuning pegs and the eight and palette-shaped heads inspired by Neapolitan guitars. An example from 1830, which was offered for sale by Vichy Enchères on 9 November 2019, provides a great example of an eight-shaped head fitted with butterfly pegs, and is very similar to guitars by Pons. The Musée de la Musique in Paris also has in its collections a guitar of this type, made in 1833, denoting the importance of the influence of Pons over Lacôte from 1810 to 1830.

In addition, the collaboration between Pons and Lacôte led them to use perfectly seasoned wood, thus mitigating the risk of deformation and cracking, and ensuring the better quality of their instruments. They also shared the same method for setting the neck, inserting the heel in solid wood or using a round shaped gluing joint to strengthen the instrument.

“The back of the guitar was also subject to modifications as a result of the Pons-Lacôte collaboration. It was almost exclusively in one piece, avoiding the need for a back joint and joint reinforcement. The front continued to be made from a single piece of wood cut in two halves. It’s also from the 1810s that Lacôte and Pons started using backs made from veneered spruce, a lightweight and responsive tone wood.”[1]

These construction methods are in evidence particularly in instruments made during the first part of his career, such as the guitar dated from the 1820s in the forthcoming Vichy Enchères sale, whose back is made of spruce onto which veneer has been applied.


[1] Sinier de Ridder, “Lacôte à Paris”, Conférence donnée à l’occasion des fêtes de Sainte-Cécile, patronne des musiciens et des luthiers, à Mirecourt le 22 novembre 2003, pour le GLAAF, Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France.

A constant striving for innovative creativity

Despite Lacôte‘s formative and collaborative years with Pons having had a long lasting influence on his work, he also developed his own innovations. He spent most of his life trying to improve the sound of his guitars, incorporating the technical advances of his time and emerging new materials. He took a particular interest in the various types of wood available, to which he applied different treatments to modify their colour and improve their resonance. He also worked on a new bracing system, which he went on to use for the rest of his life:

“After carefully observing the Italian musicians performing in high places in Paris, Lacôte had the idea of modifying the bar placed between the bridge and the bottom block. He made it thinner in the middle, with a pointed shape either side, thus stiffening the front by aping the effect of the famous Italian moustachios.”[1]


[1] Ibid.

From the beginning of his career until 1830, he gradually perfected one of his two main models, of plain appearance and with simple tuning pegs or mechanical ones. The guitar for sale on 1 May 2021, made in the 1820s, is an example of these plain instruments based on this first model. They combined the teachings of Pons and incorporated the first innovations of Lacôte. Its label includes the address of the workshop on “Places des Victoires”, from where he operated from 1823 to 15 April 1829[1]. A guitar dated 1829 and for auction at Vichy Enchères in 2004 was also on this model and had retained its original mechanical tuning pegs, heavily inspired by those of Pons. It is worth noting that, despite being from the same period, this instrument and the one from the 1820s in the 1 May 2021 sale were produced in different workshops, based on the information on their respective labels. The one in the next sale is from the workshop on “Place des Victoires”, whereas the one in the 2004 sale was made on rue de Richelieu, shortly after the workshop move on 15 April 1829.


[1] Sinier de Rider, La guitare, Paris, 1650 – 1950, 2007, p.50.

The creation of a new model

Probably around 1830, Lacôte devised a system to conceal the peg mechanisms and encase them within the head. This new system modified the appearance of his instruments and contributed to the development of a more personal model. The head, as well as the overall shape of the instrument, were slightly enlarged, whilst the model retained the previously established construction principles, for instance the new bracing system. The new concealed peg system had aesthetic advantages but also practical ones, as the peg mechanisms were protected from humidity and allowed the musician to tune the instrument more easily. The guitar dated 1844, for sale at Vichy Enchères on 1 May 2021, is a great example of this second model created by Lacôte.

The shape of the head – which is engraved with the brand “Lacôte Paris” – is typical of the production of that time for this maker, as further demonstrated by this other instrument of 1841. Moreover, the guitar of 1844 still bears the original label mentioning the two medals won by Lacôte at the Expositions Nationales of 1839 and 1844. It is in good condition, and provides an interesting insight into the second model developed by Lacôte, in particular since few examples made by this master during the period 1835 to 1850 can be found in France. This is due to the French Revolution of 1830 and a cholera pandemic in 1832, which forced some, including Lacôte, to divert their production towards the London market.

A close working relationship with musicians

In London, Lacôte collaborated with Robert Cocks, the dealer of Jean-Baptiste Vuillaume. The guitars sold by Cocks were annotated “R. Cocks” on the internal label. Throughout his career, Lacôte worked with and for musicians. In particular, he formed a close association with Fernando Sor, a guitarist and composer very famous in London, who played some of his instruments. These are distinguished by a label annotated “Sor” and placed next to the maker’s label.

This was a commercial device, but also a mark of consideration, as it attests to the esteem the musician had for Lacôte and his willingness for both their names to be associated in relation to particular instruments.

“This small label does not denote that the instrument was part of Sor’s private collection. It was printed on the same, very thin, type of paper as other labels by Lacôte and Cocks. It is instead an indication of the model preferred or recommended by the maestro.”[1]

Indeed, in his guitar method translated into English in 1836, Sor mentions Lacôte amongst his favourite makers:


[1]  Sinier de Ridder, “Lacôte à Paris”, Conférence donnée à l’occasion des fêtes de Sainte-Cécile, patronne des musiciens et des luthiers, à Mirecourt le 22 novembre 2003, pour le GLAAF, Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France.

“M. Lacote, a French maker, the only person who, besides his talents, has proved to me that he possesses the quality of not being inflexible to reasoning… The guitars which I have always given the preference are those of Alonzo of Madrid, Pages and Benediz of Cadiz, Joseph and Manuel Martinez of Malaga, or Rada, successor and scholar of the latter, and those of M. Lacote of Paris.”

Fernando Sor, Method for the Spanish Guitar, Tecla, 1836.

The guitar of 1844 in the sale on 1 May 2021 is amongst the few that were endorsed by Sor, as the internal label shows. The great reputation Lacôte enjoyed amongst musicians is not surprising when considering his constant efforts to improve the quality and playability of the instrument, as demonstrated by the number of patents he applied for during his life. The patent for the Decacorde (ten-string) guitar deposited in 1826, jointly with guitarist Ferninando Carulli, exemplifies this collaborative work with musicians. A rare example of these Decacorde guitars is kept in the Musée de la Musique in Paris.

Lacôte also invented a guitar referred to as “à la tierce”, designed for the “most experienced guitarists” in order to provide them with “added virtuosity in the high register”[1]. An interesting example of an “à la tierce” guitar made in 1830 was sold at Vichy Enchères in 2006. There were many instances of collaboration between Lacôte and illustrious musicians, demonstrating that the maker took great consideration of their various needs. These needs were sometimes unusual, as illustrated by this guitar adapted for seven strings for the composer Napoléon Coste, and sold on 10 December 2005.


[1]  Sinier de Rider, La guitare, Paris, 1650 – 1950, 2007, p.44.

The representative of the French School

The long career of Lacôte, and his continuous research into improving to the playability and quality of his instruments, explain his success and the wide appeal of his models. At the beginning of the 19th century, he became the main representative of the Parisian School, before becoming that of the French School more generally. He inherited the advances made by Joseph Pons – who is considered the father of the Romantic guitar – and perfected them, thus creating a model that was adopted by a number of other makers.

“In 1850, guitar making in France is at its peak. Lacôte is then a sought-after maker, who worked in collaboration with the greatest musicians.”[1]

Therefore, the history of the guitar has been heavily influenced by the work of René Lacôte, who modernized the instrument, whilst retaining the traditional ‘savoir-faire’. After him, we have to wait until the advent of Antonio de Torrès for the guitar to change form again, from the Romantic to the Classical form.


[1]  Sinier de Ridder, “Lacôte à Paris”, Conférence donnée à l’occasion des fêtes de Sainte-Cécile, patronne des musiciens et des luthiers, à Mirecourt le 22 novembre 2003, pour le GLAAF, Groupement des Luthiers et Archetiers d’Art de France.

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