Vichy Enchères

Julius Streker (1838-1900) : un flageolet double et la méthode signalée par Waterhouse retrouvée 

Comme chaque année, nos ventes d’instruments sont l’occasion de mettre en lumière des instruments ou facteurs méconnus. Le 7 novembre 2026, Vichy Enchères présentera ainsi un flageolet double portant l’estampille “J. STREKER [lyre] MULHOUSE”. L’instrument est accompagné de son étui, d’une méthode manuscrite de Streker intitulée “Schule zur gründlichen und schnellen Erlernung des Doppelflageolets” et d’une tablature ancienne. Julius Streker était jusque-là très peu documenté. Son nom et sa production de flageolets doubles étaient principalement connus par une notice de William Waterhouse dans The New Langwill Index en 1993, et par une note du même auteur dans The Galpin Society Journal en 1999. Cette note pourrait être anecdotique, mais il se trouve qu’elle mentionne précisément la méthode qui accompagne l’instrument de la prochaine vente Vichy Enchères. Cela est particulièrement remarquable sur le plan historique et patrimonial, car aucun exemplaire n’avait pu être localisé à ce jour. Sa découverte est donc exceptionnelle et vient apporter une preuve matérielle et unique du travail de Julius Streker. La découverte de cet ensemble a été le point de départ de recherches plus approfondies sur Streker, qui ont permis de préciser son identité et son activité, ainsi que sa postérité professionnelle, tout en replaçant sa production dans l’histoire de la diffusion continentale du flageolet double.

Par Cécile Alves-Convert, documentaliste pour Vichy Enchères

Julius Streker, facteur d’instruments à Mulhouse

Un facteur jusque-là peu connu

La principale source concernant Julius Streker est le New Langwill Index (1993)[1] de William Waterhouse, qui ne livre que de brèves informations à son sujet. Waterhouse y situe son activité à Mühlhausen, dans le Vogtland en Allemagne, vers le milieu du XIXème siècle. En 1999, dans son article consacré au flageolet double anglais, Waterhouse mentionne Streker dans une note, pour signaler l’existence d’une méthode de flageolet double écrite par le facteur et intitulée Schule zur gründlichen und schnellen Erlernung des Doppelflageoletts (une méthode d’apprentissage du flageolet double avec table de doigtés). Il précise qu’elle a été rédigée vers 1870 à “Mülhausen/Elsaß”[2], mais n’en donne aucune localisation. Cette note est particulièrement intéressante puisqu’elle cite précisément le titre de la méthode qui accompagne l’instrument en vente à Vichy Enchères, alors qu’on n’en connaissait pas d’exemplaire jusque-là. Elle est aussi significative car, à la différence de ce que Waterhouse avait écrit dans le Langwill, elle situe la réalisation de la méthode à “Mülhausen/Elsaß”, c’est-à-dire à Mulhouse en Alsace, et non plus Mühlhausen dans le Vogtland.

La découverte de la méthode à Vichy Enchères permet de confirmer cela, car elle est bien inscrite “Jul. Streker / Musik Instrumentenmacher / Mulhausen/E”, (E pour Elsaß, Alsace).

De plus, le flageolet double qui accompagne la méthode porte une estampille en français indiquant “J. STREKER [lyre] MULHOUSE”. L’emploi de la forme française de “Mulhouse” confirme ainsi la localisation de Streker à Mulhouse plutôt qu’à Mühlhausen dans le Vogtland.

Afin d’enrichir cette donnée, nous avons épluché la presse contemporaine de Mulhouse.


[1] William Waterhouse, The New Langwill Index, A Dictionary of Musical Wind-Instrument Makers and Inventors, Tony Bingham, London, 1993

[2]  William Waterhouse, “The flageolet double-Made in England”, The Galpin Society Journal, vol. 52, avril 1999, p. 182

Deux annonces publiées dans la Neue Mülhauser Zeitung, les 1er et 9 novembre 1884, ont permis d’établir précisément son adresse, ainsi que son prénom et sa profession de “Musik-Instrumentenmacher”. Ces annonces donnent l’adresse suivante : “Seilergraben 8 u. Ecke Passage-Couvert, Mülhausen im Elsaß”, c’est-à-dire “8 Seilergraben et angle Passage-Couvert, Mulhouse en Alsace”. Celle-ci correspond aujourd’hui à l’intersection de la rue des Cordiers et du Passage du Théâtre, dans le centre historique de Mulhouse. 

Les annonces présentent Streker comme un facteur d’instruments proposant la fabrication et la réparation “rapides et à bon prix de tous les instruments de musique”. Il est également précisé que les pianinos et les harmoniums sont accordés avec soin et à un prix modéré. Il s’occupait donc d’un large panel d’instruments.

Un atelier dans le contexte industriel et culturel de Mulhouse

L’activité de Julius Streker s’inscrit dans le contexte commercial et culturel de Mulhouse. Au XIXème siècle, la ville était un important centre industriel, notamment textile et mécanique. L’expansion d’une bourgeoisie urbaine, d’établissements d’enseignement, de sociétés musicales, théâtres et de pratiques domestiques de la musique assurait aux artisans une clientèle aisée.

Après la guerre franco-prussienne et l’annexion de l’Alsace-Lorraine à l’Empire allemand en 1870, Mulhouse prit officiellement le nom de “Mülhausen” – d’où la confusion avec la ville allemande. Mulhouse se développa alors dans un environnement linguistique et culturel complexe, au contact des espaces français, allemand et suisse. La coexistence chez Streker du français – pour les estampilles -, et de l’allemand – pour les annonces -, reflète ce contexte particulier.

Dans son article sur le flageolet double publié dans The Galpin Society, William Waterhouse date justement la méthode pour flageolet de Streker d’après 1870, soit après l’annexion de l’Alsace-Lorraine.

La lyre, ou cithare, signe distinctif de la maison Streker

L’estampille du flageolet double de Streker associe l’initiale et le patronyme du facteur, une petite lyre et le nom de la ville où il était établi, soit “J. STREKER [lyre] MULHOUSE”. Le motif de la lyre est intéressant puisqu’il apparaît aussi – parfois plus sous forme de cithare – dans ses annonces publicitaires publiées en 1884. La répétition de cette lyre sur l’instrument et dans la presse laisse donc penser qu’elle était l’emblème, ou le signe distinctif, de sa maison.

Cette correspondance est digne d’intérêt car elle pourrait orienter certaines attributions futures, dans le cadre de découvertes d’instruments à estampille illisible mais présentant une lyre et une facture proches de celle de Julius Streker.

Streker et les tourneurs de bois

Concernant l’activité et la formation de Julius Streker, des recherches supplémentaires ont permis d’établir de nouvelles hypothèses sur son parcours. En effet, nous avons pu retrouver deux annonces contemporaines publiées dans des journaux de Mulhouse en 1888, qui associent le nom de “Streker” à la fabrication de pipes, de cannes, d’accessoires de billard ou encore de tabatières[1].

En l’absence de prénom, il est impossible d’affirmer avec certitude qu’elles se rapportent directement à Julius Streker. Mais la concordance entre le nom, le lieu et la période d’activité donnent toutes les raisons de penser que Julius Streker, ou au moins un membre de sa famille, travaillaient les objets tournés.

Ce rapprochement entre les tourneurs de bois et les facteurs d’instruments est d’ailleurs connu dans l’histoire de la facture instrumentale. La fabrication des pipes comme celle des instruments à vent exigeait la maîtrise du tournage et du percement régulier du bois. Plusieurs facteurs importants furent ainsi tourneurs de formation.

A titre d’exemples, Johann Andreas Kinigsperger, facteur de flûtes et de bassons à Roding, semble avoir d’abord appris le métier de tourneur sur bois.

Johann Heitz fut lui aussi tourneur et ébéniste avant d’être nommé, en 1710, “tourneur de la cour royale et des arts, ainsi que fabricant d’instruments de musique”.

Enfin, au XIXème siècle, Charles-Joseph Sax, père d’Adolphe Sax, était également issu du métier de tourneur sur bois. Cette interconnexion se retrouve encore à l’époque de Julius Streker dans le bassin de La Couture-Boussey, où les maisons Lot, Godfroy, Noblet ou Djalma Julliot entretenaient cette tradition de facture instrumentale issue du tournage du buis.


[1] Centre de recherches sur l’histoire des familles du Haut-Rhin, base “Publicités anciennes”, notices “STREKER”, Mulhouse, 1888

Fin de vie et postérité

Nos recherches dans les archives ont également permis de retrouver plusieurs informations inédites qui complètent la biographie encore lacunaire de Julius Streker et éclairent la postérité de son activité à Mulhouse. Alors qu’il était jusque-là connu comme actif autour du milieu du XIXème siècle, nous sommes parvenus à retrouver l’enregistrement de son décès à Mulhouse le 23 novembre 1900. Cela est particulièrement intéressant, car l’annonce précise qu’il avait alors 62 ans, ce qui situe sa naissance en 1838. La presse le présente comme facteur d’instruments de musique et époux de Christine Friederika Kramer[1].

Nous avons également retrouvé la mention de “Jul. Streker” dans le Musikalisch-literarischer Monatsbericht de 1911, comme éditeur à Mulhouse d’Ivresse amoureuse ou Liebesrausch, une valse lente pour piano de Chr. Bennaner[2]. Cette mention peut correspondre au maintien du nom commercial de la Maison ou à la reprise de l’activité par un successeur. Elle montre en tout cas que l’établissement Streker participait également à la diffusion de musique imprimée, dans le prolongement de la méthode de flageolet double signalée par William Waterhouse[3] et aujourd’hui retrouvée à Vichy Enchères.

Enfin, nos recherches dans la presse mulhousienne ont fait apparaître un certain Jules Streker, vraisemblablement un fils de Julius, bien que cette filiation reste à confirmer. La mention de “Jul. Streker” comme éditeur d’une valse pour piano en 1911 pourrait ainsi se rapporter à ce successeur, d’autant plus que l’on a aussi retrouvé une annonce de Jules Streker proposant un piano à la vente en 1913[4].


[1] Express, journal politique paraissant à Mulhouse, 9 décembre 1900, rubrique “Todesfälle”, p. 3-4

[2] Musikalisch-literarischer Monatsbericht über neue Musikalien, musikalische Schriften und Abbildungen, Leipzig, Friedrich Hofmeister, 1911, p. 140-141

[3] William Waterhouse, “The flageolet double-Made in England”, The Galpin Society Journal, vol. 52, avril 1999, p. 182

[4] Neue Mülhauser Zeitung, Mulhausen, 8 novembre 1913


En 1929, il tient au “Passage Couvert, 26”, un commerce d’instruments, de partitions, de cordes, de gramophones et de disques, assurant également les réparations[2]. L’adresse semble être la même ou tout proche de celle de Julius Streker, dans le Passage Couvert (certainement celui du Théâtre). Ces documents dessinent ainsi le profil d’un professionnel particulièrement lié au piano et à la diffusion de musique imprimée. Son activité semble prolonger et élargir celle de Julius – probablement son père -, qui proposait déjà en 1884 la réparation des instruments ainsi que l’entretien et l’accord des pianos et harmoniums.


[2] Der Republikaner, Mülhauser Volkszeitung, Sozialistisches Organ für den Ober-Rhein, 31 juillet 1929

Découverte du flageolet double et de la méthode citée par Waterhouse

Un des deux seuls flageolet double connus de Julius Streker

Le flageolet double présenté par Vichy Enchères est réalisé en buis. Ses deux corps parallèles sont reliés à une tête commune chargée de distribuer le souffle. Le facteur devait équilibrer les deux conduits afin que les tuyaux puissent parler simultanément sans que l’un domine constamment l’autre. La régularité des canaux et l’ajustement de la tête étaient par conséquent déterminants pour la réponse de l’instrument[1].

Six clefs en laiton sont montées sur des blocs de bois rapportés.


[1] William Waterhouse, “The flageolet double-Made in England”, The Galpin Society Journal, vol. 52, avril 1999

Elles pouvaient faciliter l’émission des altérations, étendre la tessiture ou corriger l’intonation de certaines notes. La qualité des matériaux employés et de la facture de l’instrument indique que celui-ci était destiné à une clientèle aisée.

Les instruments de Julius Streker sont aujourd’hui presque tous perdus. A l’exception d’un autre modèle signalé sur le site Music Treasures, aucun modèle ne permet d’étudier précisément sa production. Le flageolet double présenté par Vichy Enchères revêt donc une importance patrimoniale majeure, d’autant plus qu’il conserve sa méthode manuscrite originale.


La méthode citée par William Waterhouse enfin retrouvée ?

William Waterhouse signale en 1993, dans le Langwill, une Grifftabelle, ou tablature de doigtés, destinée aux flageolets doubles de Julius Streker et supposément conservée à la Bayerische Staatsbibliothek de Munich. Cette localisation n’a cependant pas pu être confirmée. À notre demande, les documentalistes de la bibliothèque ont effectué des recherches dans leurs fonds sans retrouver le document ni aucune cote correspondant. La piste du Deutsches Museum de Munich et celle des archives William Waterhouse, conservées au Royal Northern College of Music, n’ont pas davantage abouti. La Bayerische Staatsbibliothek ayant par ailleurs confirmé qu’elle conservait de façon pérenne ses collections, l’hypothèse d’une vente ou d’une élimination du document paraît devoir être écartée[1].


[1] Nous remercions Uta Schaumberg de la Bayerische Staatsbibliothek de Munich et Heather Roberts du Royal Northern College of Music pour leurs recherches dans leurs collections

La localisation donnée en 1993 par Waterhouse semble donc résulter d’une confusion ou d’une information impossible à vérifier. En 1999, nous l’avons vu, Waterhouse mentionne cette méthode de Streker intitulée “Schule zur gründlichen und schnellen Erlernung des Doppelflageolets”, qu’il date d’après 1870 et qu’il situe à “Mülhausen/Elsaß”, sans reprendre la localisation munichoise. Le titre, le lieu et la datation correspondent précisément aux indications portées par la méthode conservée avec le flageolet double présenté par Vichy Enchères. Il est dès lors possible que la Grifftabelle citée en 1993 et la méthode mentionnée en 1999 désignent un seul et même document et que Waterhouse ait rectifié implicitement sa première notice de 1993, dans sa note de 1999.

Un instrument indissociable de sa méthode

Dès son apparition, le flageolet double fut accompagné de publications pédagogiques. La méthode de John Purkis contribua à la diffusion du modèle breveté par Scott, tandis que John Bainbridge publia des instructions adaptées à ses propres instruments.

Ces ouvrages répondaient à une difficulté concrète, puisque les doigtés d’un instrument double ne pouvaient pas être simplement déduits de ceux du flageolet ordinaire[1].

La méthode manuscrite conservée avec l’instrument de Vichy Enchères s’inscrit dans cette tradition. Rédigée en allemand, elle comprend une tablature consacrée au tuyau gauche, désigné par la mention Tabelle für linkes Rohr.

Un dessin représente le corps de l’instrument, ses trous et ses clefs.


[1] John Purkis, Scott & Purkis’s Delecta Harmonia or Patent Double-Flageolet, Londres, vers 1806

La légende “o = offen” ; “● = zu” indique qu’un cercle vide correspond à un trou ou à une clef ouverts, tandis qu’un disque noir signale un trou bouché ou une clef pressée.

Les doigtés sont associés aux notes inscrites sur une portée et à leur désignation alphabétique germanique.

Une telle tablature constitue une représentation condensée du fonctionnement acoustique de l’instrument. Elle permet d’établir la correspondance entre les sons recherchés, le tuyau employé et les clefs à actionner. Elle était d’autant plus nécessaire que les flageolets doubles ne furent jamais complètement uniformisés. L’accord des tuyaux, le nombre de clefs, la tessiture et la disposition des trous pouvaient varier selon les facteurs. Une table de doigtés n’était donc pas nécessairement adaptée à tous les modèles[1].


[1] William Waterhouse, “The flageolet double-Made in England”, The Galpin Society Journal, vol. 52, avril 1999

Un témoignage de la diffusion continentale du flageolet double et du rôle de Streker

La situation de Mulhouse donne à cet ensemble un intérêt particulier. Inventé en Angleterre en 1805, le flageolet double connaît pendant près d’un demi-siècle un succès qui dépasse rapidement Londres et Dublin. William Bainbridge tenta de protéger son invention en France, mais celle-ci fut copiée sur le continent, principalement par des facteurs allemands[1]. Waterhouse relève plusieurs indices de cette diffusion germanique. Un dessin accompagné d’une table de doigtés, aujourd’hui conservé à Markneukirchen, aurait servi de modèle aux facteurs du Vogtland. Un flageolet double figure également dans le tarif illustré des marchands I. Kampffens Söhne, actifs à Neukirchen vers 1830.


[1] William Waterhouse, “The flageolet double-Made in England”, The Galpin Society Journal, vol. 52, avril 1999

À Göttingen, le facteur Georg Streitwolf conçut sa propre variante et publia une Tabelle nebst 14 Uebungsstücken für das Doppel-Flageolet.

Waterhouse recense enfin des instruments signés par Gerhard Hanniecke à Oldenburg, Jacob David Helwert et Carl August Schaufler à Stuttgart, Johann Andreas Mollenhauer à Fulda, et bien sûr, la méthode de Julius Streker aujourd’hui retrouvée à Vichy Enchères[1].

L’instrument de Streker appartient donc à une véritable tradition continentale, nourrie par les modèles anglais mais adaptée par les ateliers germaniques. Mulhouse occupait toutefois une position singulière, à la rencontre des espaces français, allemands et suisses. Cette situation se lit directement sur l’ensemble conservé, puisque Streker publie ses annonces en allemand sous la désignation de Musik-Instrumentenmacher à “Mülhausen im Elsass”, que sa méthode emploie l’allemand mais que l’instrument porte l’estampille française.


[1] William Waterhouse, “The flageolet double-Made in England”, The Galpin Society Journal, vol. 52, avril 1999

Ce flageolet double se révèle ainsi à nous comme un témoignage particulièrement rare de l’activité de Julius Streker. Les recherches menées dans la presse permettent désormais de mieux situer ce facteur, né certainement en 1838, établi à Mulhouse et mort en 1900, et dont l’activité semble avoir été prolongée par Jules Streker. Elles révèlent un atelier polyvalent, associé à la fabrication et à la réparation des instruments, à l’entretien des pianos et harmoniums, puis à la diffusion de partitions et au commerce musical. L’importance patrimoniale de l’ensemble tient surtout à la conservation conjointe de l’instrument et de sa méthode manuscrite. Son titre, son lieu d’origine et sa datation correspondent exactement à la méthode signalée par William Waterhouse en 1999. Bien que l’on ne puisse établir avec certitude son rapport avec la Grifftabelle mentionnée en 1993, aujourd’hui introuvable, ce document apporte une preuve matérielle essentielle de la production de Streker. Cet ensemble documente non seulement un facteur encore peu connu, mais aussi la circulation continentale d’un instrument inventé en Angleterre. À travers sa facture, son estampille française et sa méthode allemande, il reflète pleinement la situation culturelle de Mulhouse à la fin du XIXème siècle.


JULIUS STREKER (1838–1900): A DOUBLE FLAGEOLET AND THE REDISCOVERY OF THE METHOD MENTIONED BY WATERHOUSE

As we do every year, our instrument auctions provide an opportunity to shine a spotlight on little-known instruments and makers. On November 7, 2026, Vichy Enchères will present a double flageolet bearing the stamp “J. STREKER [lyre] MULHOUSE.” The instrument comes with its case, a handwritten method by Streker titled “Schule zur gründlichen und schnellen Erlernung des Doppelflageolets,” and an old tablature. Until now, very little was known about Julius Streker. His name and his production of double flageolets were primarily known through an entry by William Waterhouse in The New Langwill Index in 1993, and through a note by the same author in The Galpin Society Journal in 1999. This note might seem anecdotal, but it happens to mention precisely the method that accompanies the instrument in the upcoming Vichy Enchères auction. This is particularly remarkable from a historical and cultural heritage perspective, as no copy had been located to date. Its discovery is therefore exceptional and provides unique, tangible evidence of Julius Streker’s work. The discovery of this set served as the starting point for more in-depth research on Streker, which helped clarify his identity and professional activities, as well as his professional legacy, while situating his work within the history of the double flageolet’s spread across the continent.

By Cécile Alves-Convert, archivist at Vichy Enchères

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