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Collection Achille Jubinal

Le 12 décembre 2015 la maison de vente Vichy Enchères dispersera dans sa traditionnelle vente de fin d’année consacrée aux instruments de musique, la collection d’Achille JUBINAL. Cette collection homogène constituée au début du XIXème siècle, est depuis cette époque toujours restée dans la famille, se transmettant de génération en génération pour arriver jusqu’à nous aujourd’hui…   


Genèse de la collection

La collection d’Achille JUBINAL que l’on devrait plutôt appeler la collection SAINT-ALBIN/JUBINAL/DURUY a été commencé sous le 1er Empire par Mr de SAINT-ALBIN. Amateur raffiné, il avait, en véritable curieux, acheté le bel hôtel de Madame de SERILLY dans le Marais (l’hôtel existe toujours au 36 rue Vielle du Temples), pour y installer ses collection.

Sa fille, Madame Achille JUBINAL, hérita de cet amours les oeuvres d’art et les charmants petits souvenirs du temps passé. Pendant près de trente ans, elle augmenta chaque jour avec un goût des plus délicats cette collection si originales qu’elle a laissée après sa mort à sa fille Madame George DURUY.

Le nom de DURUY vous parlera certainement si vous êtes amateur d’histoire. En effet Georges DURUY est le fils de Victor DURUY, homme politique et historien français, ministre de l’Instruction publique de 1863 à 1869 sous le Second Empire, célèbre pour ses ouvrages sur l’Antiquité, Histoire des Grecs (1874) et Histoire des Romains (1885).

Comme nous l’apprend « Les Arts » la collection JUBINAL est très vaste. En effet à cette époque on avait un goût prononcé pour les collections. On retrouve donc ainsi des tableaux anciens (Jean Siméon CHARDIN, Jacques Louis DAVID, François BOUCHER, Jean-Baptiste PERONNEAU ….) tapisserie, mobilier des grands maîtres de l’époque Louis XV et Louis XVI, des châtelaines, montres, une collection de gants et bonnets….

Section instruments de musique…

Dans cet hôtel particulier un panneau entier était réservé aux instruments de musique.
Il est intéressant de remarquer l’accrochage, si caractéristique de cette époque, avec les instruments accumulés les uns à côté des autres sans espace vide, formant ensemble un élégant décor dans cet hôtel particulier.

Voilà ce qu’écrit Carle DREYFUS au sujet de ce panneau : La reproduction que nous donnons d’un panneau, où le beau portrait de Chardin et deux petits pastels de Boucher se trouvent encadrés par une série d’instruments de musique du XVIIème et du XVIIIème siècle, montre avec quel goût est arrangée cette collection. 

La curieuse série des bâtons de chef d’orchestre débute par le bâton de maitre de chapelle du XVIIème siècle en ivoire, entièrement gravé d’une nuée d’anges musiciens jouant des instruments variés ; un autre également en ivoire de l’époque Louis XIII, porte gravé un air de musique.  

Puis, nous voyons les bâtons de chef d’orchestre de Fétis, avec l’inscription : Adolphe Samuel à son illustre maître ; hommage de reconnaissance ; de Rossini, en corne avec filigranes d’or et les initiales G.R ; enfin celui de Verdi en ébène et argent surmonté d’un petit buste du compositeur italien, cadeau offert par Verdi à une de ses grandes amies.

Nous apprenons aussi à connaitre les différents accessoires des maitres de danse du XVIIIème siècle : la canne qui se démonte et renferme un violon et son archet ; la canne-flûte, les petites pochettes et l’éventail-pochette. Un petit tambour porte sur la bretelle en cuir qui le maintient les armes de France.

Coups de projecteur

Canne violon

Malgré la description faite par Carle DREYFUS dans « Les Arts » cette canne violon est probablement une réalisation du XIXème siècle et non du XVIIIème siècle.

Néanmoins l’objet n’en reste pas moins rare et astucieux. En effet le violon et l’archet se cachent dans le corps de la canne…

Vielle à roue par RÉMY

Seule vielle à roue caisse ronde connue par RÉMY à Paris. Elle porte une marque au fer sur le côté du boitier avec les initiales.
Cette vielle de la fin du XVIIIème ou du début de XIXème siècle se distingue par son cheviller sculpté d’une élégante tête de femme mais surtout par sa caisse en « luth » à neufs côtes alternées d’ivoire et d’ébène.
La table est elle décorée d’une marqueterie d’ébène et d’ivoire.

Une petite incertitude subsiste sur l’auteur de cette vielle. En effet la famille RÉMY est composée de plusieurs membre dont plusieurs sont susceptibles d’être les auteurs de cet instrument :
– Mathurin François RÉMY décédé en 1815, à Paris, qui aurait alors réalisé cette vielle à la fin de sa vie
– Jean Mathurin RÉMY qui vécu à Paris entre 1772 et 1854

Bâton d’honneur FÉTIS

Bâton d’honneur en ébène tourné, serti à ses extrémités de cabochons. En partie centrale, sur une bague ciselé on retrouve le nom de FÉTIS. Sur un ruban en cuivre émaillé on retrouve l’inscription « Adolphe Samuel à son illustre maître. Hommage de reconnaissance ».

Pour en savoir plus sur Adolphe SAMUEL il suffit de consulter la Biographie Universelle des Musiciens de François-Joseph FÉTIS qui lui consacre un article.

Mandoline lombarde de Giovanni RAMUSIO

Rare mandoline lombarde du XVIIIème siècle, de Giovanni RAMUSIO faite à Turin au millésime de 1789, dont elle porte la signature et l’étiquette.

Douze cordes, caisse en ébène à vingt-trois côtes, nombreuses décorations en nacre sur le manche et le pourtour de la rosace sculpté.

Mandoline VINACCIA

Pour tous les amateurs de mandoline le nom VINACCIA est une référence. En effet, cette famille de luthier de Naples a fabriquée pendant plus de deux siècles ces instruments avec un savoir-faire et un raffinement rarement égalé.

L’exemplaire de la collection JUBINAL illustre parfaitement ce savoir-faire. Cette mandoline à caisse en érable à vingt et une cotes, a été réalisée par Antonius VINACCIA en 1784.


THE ACHILLE JUBINAL COLLECTION

On 12 December 2015, during its traditional end-of-year sale devoted to musical instruments, the auction house Vichy Enchères will sell the collection of Achille JUBINAL. This coherent collection, assembled at the beginning of the 19th century, has always remained in the same family, being passed on from generation to generation, until today…


The origins of the collection

The Achille JUBINAL collection, which should really be called the SAINT-ALBIN / JUBINAL / DURUY collection, was started under the First French Empire by Mr. de SAINT-ALBIN. He was an enlightened and curious amateur, and he bought the beautiful private townhouse of Madame de SERILLY in the Marais district of Paris (the house still exists at 36 rue Vielle du Temples), to display his collections there.

His daughter, Mme Achille JUBINAL, inherited his love for works of art and charming little souvenirs of the past. Day by day, for nearly thirty years, she added to this collection with the most delicate taste and with a lot of originality. She left it to her daughter Mme George DURUY after her death.

The name DURUY should be familiar if you are interested in history. Indeed, Georges DURUY is the son of Victor DURUY, the French politician and historian, and Minister of Public Instruction from 1863 to 1869 under the Second French Empire, and is famous for his works on Antiquity, in particular History of the Greeks (1874) and History of the Romans (1885).

As the publication “Les Arts” tells us, the JUBINAL collection was indeed very vast, and reflected a pronounced taste for collecting all sorts of things. We find within it old paintings (by Jean Siméon CHARDIN, Jacques Louis DAVID, François BOUCHER, Jean-Baptiste PERONNEAU, etc.), alongside tapestries, furniture by the great masters of the Louis XV and Louis XVI periods, chatelaines, watches, a collection of gloves and hats…

The musical instruments collection

In this private townhouse an entire panel was dedicated to musical instruments.
It is interesting to note the way in which they were displayed, so typical of this period, with the instruments hanging close to each other without empty spaces, together forming an elegant decor in this private townhouse.

Here is what Carle DREYFUS wrote about this panel:
The reproduction provided of the panel, in which the beautiful portrait of Chardin and two small watercolours by Boucher are framed by a series of musical instruments from the 17th and 18th centuries, demonstrates the taste with which this collection was arranged.

The curious set of conductor’s batons begins with a 17th century Kapellmeister’s baton in ivory, entirely engraved with an array of musical angels playing various instruments; another baton, also in ivory and from the Louis XIII period, is engraved with a music score. 

Then, there are the batons of the conductor Fétis, with the inscription: Adolphe Samuel to his illustrious master; grateful tribute. ; by Rossini, in horn with gold filigree and the initials G.R; finally, that of Verdi, in ebony and silver crowned with a small bust of the Italian composer, which was a present from Verdi to one of his great friends.

We also learn about the different accessories used by dance masters of the 18th century: the cane, which can be dismantled and contains a violin and its bow; the flute-cane, the small pochettes and the fan-pochette. A small drum features, on the leather strap used to hold it, the coat of arms of France.

Highlights

Violin cane

Despite the description made by Carle DREYFUS in « Les Arts », this violin cane is probably a creation of the 19th, not of the 18th, century.

Regardless, this is a rare and clever object. Indeed, the violin and the bow are hidden in the body of the cane.

Hurdy-gurdy by Rémy

This is the only known round hurdy-gurdy by RÉMY in Paris. It bears a brand on the side of the case with his initials.
This hurdy-gurdy from the end of the 18th or the beginning of the 19th century is notable for the carving of an elegant woman’s head on its pegbox, but above all for its lute-type body, with nine alternating ribs of ivory and ebony.
The front is decorated with ebony and ivory inlays.

There remains some uncertainty as to who made this hurdy-gurdy. Indeed, the RÉMY family included several members, a number of whom could have made this instrument, including:
– Mathurin François RÉMY, who died in 1815 in Paris, and who could have made this hurdy-gurdy at the end of his life
– Jean Mathurin RÉMY, who lived in Paris between 1772 and 1854

Tribute conductor’s baton of Fétis

A tribute baton of turned ebony, set at its ends with cabochons. In its central section, the name of FÉTIS is engraved on a chiselled ring. The following inscription can be found on an enamelled copper ribbon: “Adolphe Samuel a son illustre maitre. Hommage de reconnaissance”.

To find out more about Adolphe SAMUEL please refer the Universal Biography of the Musicians by François-Joseph FÉTIS, which dedicates him a full article.

Mandolin from Lombardy by Giovanni Ramusio

Rare 18th century mandolin from Lombardy, made in Turin in 1789 by Giovanni RAMUSIO, of whom it bears the signature and the label.

Twelve strings, ebony body with 23 ribs, several mother-of-pearl decorations on the neck and around the carved rosette.

Mandolin by VINACCIA

For all mandolin lovers, the name VINACCIA is a reference. Indeed, this family of makers from Naples manufactured these instruments for over two centuries with a craftsmanship and a refinement rarely equalled.

The example from the JUBINAL collection perfectly illustrates this excellence. This 21 maple ribs body mandolin was made by Antonius VINACCIA in 1784.

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