1 mai 2021 : instruments à vent et à cordes pincées

Le 1er mai 2021 se tenait notre vente d’instruments à vent et à cordes pincées. Celle-ci fut remarquable par le nombre et l’éclectisme des instruments présentés : pièces historiques à l’instar d’un grand cor en demi lune de XVIIème siècle marqué “Vilediev” ; instruments de musique populaire à l’image de la cornemuse à bouche “Béchonnet” de Pimpard ou de la vielle de Louvet… Réunion d’instruments des plus grands facteurs et luthiers, comme en témoigne une importante gamme de flûtes réalisées par les illustres facteurs que sont Godfroy Ainé, Bonneville ou encore Eichentopf… Une vente aux allures de frise chronologique sur laquelle se dessinerait l’histoire des instruments… 


Vente record pour la spécialité “Vents et cordes pincées” !

Une fois de plus, la vente fut un succès et nous vous en remercions. L’intérêt et l’enthousiasme suscités par les instruments nous encouragent toujours davantage à vous proposer le meilleur.

Grâce à vous, nous avons battu le record dans la spécialité de Vents et Cordes pincées – une spécialité dont nous sommes fiers et qui nous singularise sur le marché. Retour sur les temps forts de cette vente d’exception :

Le joyau de la vente : la Voboam

Sans surprise, le lot phare de la vente est l’exceptionnelle guitare d’Alexandre Voboam le Jeune, adjugée 57 040€ (frais compris). À chaque période, ces grands représentants : au XVIIème siècle, la guitare est à la mode et a toutes les faveurs du roi ; un nom de luthier devient alors le symbole de la guitare baroque française, Voboam. Signé sur le cartouche, cet instrument était une véritable rareté sur le marché, conservé dans un état proche de celui d’origine et présentant l’une des plus belles rosaces à trois étages parvenues jusqu’à nous. Après restauration, cette guitare fera incontestablement partie des plus beaux témoignages de guitares du XVIIème siècle. L’Hôtel des Ventes de Vichy est heureux d’avoir participé à la redécouverte de ce chef-d’œuvre d’Alexandre Voboam le Jeune – réel symbole de la noblesse de l’instrument au Grand Siècle.

N° 50 – Exceptionnelle guitare baroque d’Alexandre VOBOAM
Exceptionnelle guitare baroque d’Alexandre VOBOAM faite à Paris, seconde moitié du XVIIème portant une inscription sur un cartouche incrusté dans la tête sur lequel il est inscrit Alexandre VOBOAM Paris 1600 ??. Les éclisses sont en ébène incrustées de filets en ivoire que l’on retrouve également sur l’arrière du manche et de la tête. Le fond est en if, également incrusté de filets en ébène et en ivoire. La table d’harmonie est en épicéa bordée d’un motif en pistagne se prolongeant sur les bords de la touche, qui est également reproduit sur la tête. Le dessin de la rosace est lui aussi fait dans ce motif de pistagne et de filets alternés d’ivoire et d’ébène…

Une tendance pour les guitares du XIXème siècle 

Plus généralement, la vente a permis de confirmer la tendance actuelle pour les guitares du XIXème siècle. Les modèles romantiques séduisent tout particulièrement et les instruments de la vente du 1er mai 2021 en donnent une aperçu. Offrant un beau panorama de la lutherie française des années 1820-1840 et provenant des principaux centres de création, les guitares présentées à Vichy Enchères ont fait monter les enchères.

On pense notamment au modèle de Charles Jacquot (Nancy vers 1830, vendue pour 3 100€), à celui de François Roudlhoff (Mirecourt vers 1820, vendue pour 2 356€), ou encore à la guitare de Nicolas Vissenaire (Lyon, vers 1830, vendue pour 1 736€). Mais, celui que l’on appelle aujourd’hui le “Stradivarius de la guitare” à l’époque romantique, c’est René Lacôte. Ce dernier a considérablement modifié l’instrument et diffusé le nouveau modèle. Deux de ses guitares étaient ainsi proposées lors de cette vente, dont un superbe instrument de 1844.

Un engouement pour les vielles 

Autre constat : les vielles ont la cote ! La vente a effectivement mis en évidence un nouvel engouement pour ces instruments qui ont, sans difficulté, charmé collectionneurs, musiciens et connaisseurs.

Il en va ainsi de l’exceptionnelle vielle de Jean Louvet adjugée 6 380€ avec les frais, de la vielle d’enfant restaurée par J. Decante partie à 4 960€ ou de celle de Pajot Jeune – réalisée tout près d’ici à Jenzat – vendue 3 190€ (résultats avec frais).

Selmer indétrônable

Concernant les cuivres, un nom a marqué la vente : Selmer. Les nombreux saxophones présentés samedi 1er mai 2021 ont tous rencontré un franc succès – signe de l’inégalable prestige de la marque et de la stabilité de sa cote.

En tête de course, un baryton modèle Mark VI de 1966, adjugé 6 200€ avec frais. Viennent ensuite plusieurs modèles mythiques : Superaction et Balanced Action, réalisés entre 1947 et 1987 et vendus entre 1 984€ et 4 588€ (résultats avec frais).

La collection Delile

Une partie de la collection Delile était également dispersée durant la vente. Constituée à partir des années 1980 par Patrick Delile, musicien passionné et secrétaire de l’Association des Collectionneurs d’Instruments à Vent pour laquelle il rédige dans le journal Larigot, cette collection particulière de vents était incontestablement l’une des plus belles au monde.

Essentiellement composée de cornets à pistons et de trompettes, elle rassemblait des modèles antérieurs à la Seconde Guerre mondiale, réalisés par les meilleurs facteurs français et américains. Sélectionnés pour la qualité de leur facture, leur perfectionnement technique, leur rareté et leur importance dans l’histoire, les instruments provenant de la collection Delile – dans un état de conservation remarquable permettant le jeu – ont su séduire les acquéreurs

Le succès des flûtes

Gros succès également pour les flûtes. Il faut dire qu’il y en avait pour tous les goûts et de tous les horizons ! Les plus grands facteurs étaient représentés.

Mention spéciale pour la pièce maîtresse – une rare flûte de Johann Heinrich Eichentopf – réalisée vers 1730 et adjugée 27 280€ (avec frais). Il faut également mentionner le très bel ensemble de Bellissent comprenant une flûte et un piccolo, parti à 8 432€ (avec frais).

Le charme des curiosités

Enfin, la vente était aussi l’occasion d’acquérir des pièces de collection, rares et originales. Elle permit de découvrir quelques curiosités, notamment en matière de lutherie. Deux instruments à caisses en bateau, une guitare de Michelot et un violon de Le Pileur, sont venus nous rappeler que le passage de l’instrument baroque à l’instrument moderne ne s’est pas fait sans expérimentation.

D’habitude inexistants sur le marché, ces instruments à caisses en bateau – c’est-à-dire au fond plus petit que la table – étaient représentés par deux rares modèles, dont une guitare des mains du génial inventeur de la forme : Pierre Michelot. Ces derniers ont particulièrement retenu l’attention puisque leur histoire a su éveiller la curiosité et séduire les acquéreurs. La guitare a été adjugée au beau prix de 11 160€, tandis que le violon est parti à 3 100€ (avec frais).

Autres instruments remarquables de la vente

Instruments à cordes pincées

Instruments de musique populaire

Clarinettes et hautbois

Bassons

Flûtes

Trompes et cors naturels

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MAY 1, 2021 : WIND AND PLUCKED STRING INSTRUMENTS

Translation coming soon…