Vichy Enchères

Une trompette d’Aïda d’Adolphe Sax

Vichy Enchères vous propose un détour par l’Egypte pharaonique, du moins, telle que pouvaient la percevoir les hommes du XIXe siècle… Et pas n’importe quels hommes, puisque l’on parle ici de Giuseppe Verdi et d’Adolphe Sax ! Le samedi 13 avril 2024, une trompette d’Aïda sera mise aux enchères. Conçue pour l’un des opéras les plus spectaculaires de Verdi, cet instrument de Sax fait partie de ses inventions mythiques… Alors, sur l’air de la marche triomphale, redécouvrez sans plus attendre Aïda et ses fameuses trompettes !


L’opéra Aida

C’est sur la demande du  vice-roi d’Égypte, Ismaïl-Pacha, que Verdi composa Aïda. L’œuvre fut créée le 24 décembre 1871, deux ans après l’inauguration du théâtre du Caire.Verdi avait initialement hésité à accepter la commande, refusant de se plier à des événements mondains[1]. Cependant, la perspective de voir la commande échoir à ses rivaux le poussa finalement à accepter le projet. Le livret avait été confié à Antonio Ghislanzoni et s’inspirait d’un texte de l’égyptologue Auguste Mariette.

L’histoire était celle de Radamès, chef des armées égyptiennes, épris d’Aïda, l’esclave éthiopienne de la princesse Amnéris – elle-même éprise de Radamès. Un triangle amoureux au dénouement inévitablement dramatique : la princesse faisant emmurer vivants dans une crypte Radamès et Aïda.

Ce travail répondait à une demande précise du vice-roi qui voulait un opéra « purement antique et égyptien », avec « une mise en scène rigoureusement exacte et une couleur locale strictement conservée ».

Nicole Wild, Décors et costumes du XIXe siècle, tome II

[1] René Guitton, Dictionnaire amoureux de l’Orient, 2016

Giuseppe Verdi, qui était connu pour son souci de rendre les drames aussi crédibles que possible, fut naturellement choisi par le vice-roi pour mettre en œuvre l’opéra. Plus que jamais, Verdi accorda une attention toute particulière à la reconstitution des environnements et des personnages, cherchant à ne laisser aucun détail à la merci du hasard. Auguste Mariette, le directeur français des Antiquités égyptiennes et fondateur du célèbre musée de la place Tahrir, se chargea des décors, des costumes et des accessoires, afin de recréer cet univers lointain avec minutie.

L’un des moments phares de l’opéra, aujourd’hui connu comme l’un des plus emblématiques du genre, est la marche triomphale des trompettes – sonnant la fin de l’acte II. Celle-ci annonce l’entrée en scène des personnages clés que sont le pharaon, sa fille Amnéris, Aïda, le grand prêtre Ramphis et Radamès. Pour ce moment crucial, l’enjeu était donc de taille et Verdi se tortura longtemps pour trouver les trompettes adéquates…

Origines des trompettes d’Aida

Ces trompettes devaient avoir l’air de sortir de l’Egypte ancienne, tant par leur forme que par leur sonorité, et être capables de jouer toutes les notes des partitions. S’inspirant des découvertes archéologiques et des sources historiques, telles que le traité d’Isis et d’Osiris de Plutarque qui énonce que l’instrument produit “un son d’âne”, Verdi se documenta sérieusement pour trouver la trompette appropriée. Il avait notamment entendu parler d’une flûte antique conservée au musée égyptien de Florence, mentionnée dans l’Histoire de la musique de Fétis. Accompagné de son ami O. Arrivabene, Verdi se rendit au musée avec l’espoir de trouver l’inspiration pour la conception de la trompette d’Aïda. Cependant, le constat fut amer et la désillusion importante – l’instrument exposé étant jugé banal. Verdi s’adressa alors au facteur milanais Giuseppe Pelitti pour recréer une trompette antique égyptienne. Ce dernier réalisa “six trompettes droites de forme égyptienne antique” pour la première au Caire, mais dont le son, à en croire les témoignages de l’époque, n’était pas satisfaisant. Ces modèles n’ayant pas donné les résultats escomptés, Verdi fit appel, en 1880, à Adolphe Sax pour les représentations parisiennes.

La conception de ces trompettes ne fut pas, là-encore, sans difficultés. Après avoir étudié les trompettes italiennes, Sax entreprit plusieurs expériences, cherchant à perfectionner le son et la forme des instruments. Finalement, après la construction de soixante modèles dans ses ateliers en l’espace de trois mois, Sax parvint à atteindre ses objectifs. Pour éviter toute contestation à l’approche de la première représentation, il garda secrète la finalisation de ses recherches.

“Vaucorbeil, alors directeur de notre première scène lyrique, voulait reprendre le modèle des trompettes de la Reine de Chypre. Mais cette décision ne pouvait satisfaire l’esprit inventif de Sax. Il reprit donc ses expériences, basées, tout d’abord, sur les moyens connus, puis dirigées vers l’innovation. On ne construisit pas moins de soixante instruments dans les ateliers de l’inventeur, et cela en l’espace de trois mois. Chaque jour, on reproduisait au théâtre les essais du matin, en présence de la direction, de l’auteur et du personnel de l’Opéra. Ces modèles furent approuvés, mais ils ne satisfaisaient point encore le consciencieux facteur.”

Edmond Neukomm, Histoire de la musique militaire, 1889

Les répétitions se déroulèrent avec les instruments initiaux, jusqu’au soir de la première représentation où les trompettes définitives firent leur entrée en scène – deux jeux de trois trompettes droites, respectivement en si et la bémol, munies d’un pavillon à double collerette -, provoquant un véritable coup de théâtre et un immense succès salué par la presse et le public.

“Quand elles entrèrent en scène, ce fut un coup de théâtre, comme on en a rarement vu,… même au théâtre. Il y eut un frémissement dans toute la salle. Verdi, qui dirigeait l’exécution de son opéra, se leva, mu comme par un ressort. Vaucorbeil, penché hors de sa loge, applaudissait à tout rompre. Le succès fut immense et la presse emboucha à cette occasion des trompettes qui ne le cédaient en rien à celles qu’elle avait charge de célébrer.”

Edmond Neukomm, Histoire de la musique militaire, 1889

L’invention de Sax

L’invention de la trompette d’Aïda de Sax s’inscrit pleinement dans les réflexions contemporaines sur la parabole… En effet, au XIXe siècle, l’application des propriétés réfléchissantes de la parabole à la conception d’instruments de musique, qu’il s’agisse de la lumière ou du son, était un sujet de réflexion chez les facteurs d’instruments, et Adolphe Sax en avait fait une affaire personnelle. Il avait exploré cette idée dans divers brevets, tant pour les instruments à vent que pour les salles de concert. En 1866, il avait déposé un brevet d’une salle à la forme parabolique, ayant pour but l’obtention de conditions d’audition idéales pour tous les spectateurs :

“Les salles paraboliques peuvent être de toutes les dimensions et contenir, depuis quelques centaines, jusqu’à 15000 et 20000 spectateurs, tous placés de manière à bien voir et surtout à bien entendre. […] J’ai proposé un système entièrement nouveau d’aération et de ventilation qui détermine dans l’intérieur de l’enceinte un courant d’air faible, mais continuel, lequel, dirigé de la scène ou de l’orchestre vers le public, a pour principal effet, outre celui de renouveler sans cesse l’air, de propager et de diriger les sons de manière à ce que les auditeurs les perçoivent dans toute leur ampleur et toute leur puissance.”

Science progrès découverte, Volume 28,1893, p.227

Il appliqua ce principe aux instruments et déposa, en 1881, un brevet suggérant l’ajout d’un pavillon parabolique aux instruments en cuivre, qui influencerait leur timbre et portée sonore. Et c’est justement en appliquant concrètement cette invention qu’il fabriqua ses trompettes d’Aïda.

Conçues pour ressembler aux instruments anciens, ces trompettes présentent ainsi un pavillon parabolique positionné soit légèrement en amont du pavillon principal, soit à son extrémité. Selon le brevet de Sax, ces variations de placement avaient une influence sur le son produit. Les trompettes d’Aïda sont dotées d’un pavillon interne étroit, similaire à ceux des anciennes trompettes égyptiennes, et leur pavillon parabolique est réalisé en métal flexible.
Bien que Sax ait été un précurseur dans l’application de la parabole aux cuivres, d’autres ingénieurs, comme Théodore Lambert Prosper Alexandre, ont également déposé des brevets similaires dès 1845[1]. Des propositions ultérieures, telles que celles de Halary en 1855, ont aussi exploré différentes configurations de pavillons paraboliques pour améliorer la réflexion sonore. Ces idées ont également été reprises par des fabricants d’instruments tels que Couturier, qui proposait des trompettes et des trombones équipés de pavillons paraboliques dans les années 1865-70[2]. Malgré l’innovation incontestable des pavillons paraboliques de Sax, nous ne pouvons pas déterminer leur véritable impact acoustique. Il est possible que les pavillons internes étroits, caractéristiques des anciennes trompettes égyptiennes, aient bien un effet significatif sur la qualité sonore. Cela expliquerait l’immense succès que rencontra la marche triomphale lors de sa représentation parisienne.


[1] Evgenia Mitroulia, Adolphe Sax’s Brasswind Production with a Focus on Saxhorns and Related Instruments, University of Edinburgh, 2011

[2] Evgenia Mitroulia, Adolphe Sax’s Brasswind Production with a Focus on Saxhorns and Related Instruments, University of Edinburgh, 2011

Les instruments réalisés

La trompette d’Aïda de la vente Vichy Enchères du 13 avril 2024 a donc été créée par Adolphe Sax, dans ce contexte. Il s’agit de l’un des rares modèles que nous lui connaissons, ce qui lui confère une importance historique majeure, bien que son pavillon soit différent des autres. Elle conserve toutefois son système de pistons caractéristiques et ses autres parties originales, dont sa marque. Les trompettes d’Aïda de ce type sont très rares, car réalisées en petite quantité, et les quelques modèles qui ont survécu sont désormais conservés dans des collections publiques. Jusque-là, nous connaissions seulement deux séries de six instruments de Sax. Il y aurait donc 12 trompettes d’Aïda référencées, et ce modèle serait le 13e connu. Nous savons notamment qu’au XIXe siècle, deux jeux de trois de ces trompettes d’Aïda faisaient partie de la collection du comte Adhémar de Foucault – alors à la tête d’une impressionnante collection et d’un orchestre privé de cuivres.

“Que faisaient ces instruments dans un orchestre de cuivres privé qui n’était pas censé représenter de grands opéras ? Était-ce pour la frime ? Actuellement, quatre d’entre elles sont localisées dans la base de données de l’Université d’Edimbourg [dont une trompette] revendue à Vichy le 4 décembre 1999 lot 289 au Musée d’instruments de Musique Bruxelle.”

Larigot, n°51, pp.8-9

Ces instruments ont été dispersés lors de ventes aux enchères. Deux trompettes se trouvent aujourd’hui dans les collections d’instruments de musique de l’Université d’Edimbourg et du Trompetenmuseum de Bad Säckingen. On en trouve un jeu complet de six au Musée de la Musique de Paris. Un modèle est également conservé dans la collection privée de Bruno Kampmann. Ces trompettes présentent deux variantes en ce qui concerne le positionnement des pavillons. Certaines ont leur pavillon parabolique placé quelques centimètres avant le pavillon principal, tandis que d’autres l’ont fixé à l’extrémité du pavillon normal. Selon les spécifications du brevet de Sax, cela affecterait le son différemment dans chaque cas.

Cette découverte d’une nouvelle trompette d’Aïda réalisée par Adolphe Sax est donc inespérée et offre la possibilité d’entendre l’instrument, quand presque tous ses pairs sont aujourd’hui en vitrine.

Ne manquez pas nos expositions pour venir contempler cette pièce historique, oser la faire sonner et, pourquoi pas, triompher par son acquisition !


AN AIDA TRUMPET BY ADOLPHE SAX

Vichy Enchères invites you to delve into the Egypt of the Pharaohs, or at least, a 19th century perspective of it, through the eyes of none other than Giuseppe Verdi and Adolphe Sax. On Saturday 13 April 2024, an Aida trumpet will be auctioned. It was designed by Sax for one of Verdi’s most spectacular operas, and is one of his iconic inventions. So, without further ado, and to the tune of the triumphal march, let’s rediscover Aida and its famous trumpets!


The opera Aida

It was at the request of the Viceroy of Egypt, Ismail Pasha, that Verdi composed Aida. The work was premiered on 24 December 1871, two years after the inauguration of the Cairo theatre. Verdi was initially reluctant in accepting the commission, due to his disdain for high society events[1]. However, the prospect of seeing the order fall to one of his rivals encouraged him to accept the project. The libretto was entrusted to Antonio Ghislanzoni and was inspired by a text by the Egyptologist Auguste Mariette.

The story is that of Radames, leader of the Egyptian armies, who is in love with Aida, the Ethiopian slave of Princess Amneris, herself in love with Radames. This love triangle has an inevitably dramatic outcome: the princess immures Radames and Aida alive in a crypt.

This work came with specific instructions from the viceroy, who wanted an opera “strictly ancient and Egyptian”, with “precise and accurate staging, and providing a correct reflection of local culture”.

Nicole Wild, Décors et costumes du XIXe siècle, tome II

[1] René Guitton, Dictionnaire amoureux de l’Orient, 2016

Giuseppe Verdi, who had a reputation for making his productions as realistic as possible, was the obvious choice for the viceroy to produce the opera. More than ever, Verdi paid particular attention to the reconstruction of stage sets and characters, leaving no stone unturned. Auguste Mariette, the French director of Egyptian Antiquities and founder of the famous Tahrir Square Museum, was responsible for the sets, costumes and accessories, in order to meticulously bring back to life this distant past.

One of the key moments of the opera, and of operatic music more generally, is the triumphal march of the trumpets sounding the end of Act II. It accompanies the stage entry of the opera’s main characters, i.e. the pharaoh, his daughter Amneris, Aida, the high priest Ramphis and Radames. For this crucial moment, the stakes were high and Verdi agonised for a while over the right trumpets for the job.

The origins of Aida’s trumpets

These trumpets had to look like they came from ancient Egypt, both in shape and in sound, and be capable of playing all the notes in the music. Verdi did some extensive research in the matter, and was inspired in particular by archaeological discoveries and historical sources, such as Plutarch’s Treatise on Isis and Osiris, which states that the instrument produces “a donkey-like sound”. He heard of an antique flute kept in the Egyptian Museum in Florence, mentioned in the History of Music by Fétis. Accompanied by his friend O. Arrivabene, Verdi went to the museum with the hope of finding inspiration for the design of Aida’s trumpets. However, this journey ended in bitter disappointment, as the instrument in question was common and of no interest. Verdi then turned to Milanese maker Giuseppe Pelitti to recreate an ancient Egyptian trumpet. The latter made “six straight trumpets of ancient Egyptian shape” for the premiere of the opera in Cairo, but their sound, according to testimonies of the time, failed short of expectations. After this failed attempt, Verdi called on Adolphe Sax in 1880 for the Parisian performances.

The design of these trumpets proved challenging for Sax as well. After studying Italian trumpets, he made several prototypes, seeking to perfect the sound and shape of the instrument. Finally, after building 60 different models in his workshops in the space of three months, Sax succeeded. In order to avoid interference from third parties on the eve of the first performance, he kept the fruit of his research and experiments secret.

“Vaucorbeil, then director of our first opera scene, wanted to reprise the model of the trumpets of the Queen of Cyprus. However, this did not satisfy Sax’s inventive spirit. He therefore resumed his experiments, based, initially, on existing models, and then adding innovative elements. No less than 60 instruments were built in the inventor’s workshops, and this in the space of three months. Every day, the morning prototypes were trialled in the theatre, in the presence of the director, the author and the staff of the Opera. These models were met with approval, but did not yet satisfy the perfectionist maker.”

Edmond Neukomm, Histoire de la musique militaire, 1889

The rehearsals featured the earlier prototypes, until the evening of the first performance when the final trumpet models made their entrance on stage: two sets of three straight trumpets, in B and A flat, fitted with a double bell, which created real drama and whose huge success was greeted by the press and the public.

“When they entered the stage, it was a coup de théâtre, the likes of which we have rarely seen, … even at the theatre. There was a shudder throughout the hall. Verdi, who was conducting the performance of his opera, stood up, as if moved by a spring. Vaucorbeil, leaning out of his box, applauded enthusiastically. The success was immense and the press blew trumpets that were in no way inferior to those they were celebrating.”

Edmond Neukomm, Histoire de la musique militaire, 1889

The invention of Sax

The invention of the Aida trumpet by Sax fits well within the reflections of the time on the parabola curve. Indeed, in the 19th century, the application of the reflective properties of the parabola, with respect to light or sound, to the design of musical instruments, was a subject of study amongst instrument makers, in particular Adolphe Sax. He filed several patents in relation to this, both for wind instruments and for concert halls. In 1866, he filed a patent for a parabola-shaped hall, aiming to obtain ideal listening conditions for the audience:

“Parabolic halls can be of all sizes and contain from a few hundred to 15,000 or 20,000 spectators, all placed so as to see well and above all hear well. […] I proposed an entirely new system of aeration and ventilation which produces, inside the hall, a low but continuous current of air, which, when directed from the stage or the orchestra towards the audience, has the main effect, besides that of constantly renewing the air, of spreading and directing the sounds in such a way that the listeners perceive them in all their magnitude and all their power.”

Science progrès découverte, Volume 28,1893, p.227

He applied this principle to instruments, and filed, in 1881, a patent for the addition of a parabolic bell to brass instruments, which alters their tone and projection. It was by applying this patent in practice that he created his Aida trumpets.

These trumpets, which are designed to resemble ancient instruments, feature a parabolic bell positioned either slightly upstream of the main bell or at its end. According to Sax’s patent, these variations in placement had an influence on the sound produced. Aida trumpets have a narrow internal bell, similar to those of ancient Egyptian trumpets, and their parabolic bell is made of flexible metal.
Although Sax was a pioneer in the practical use of the parabola curve in making brass instruments, other engineers, such as Théodore Lambert Prosper Alexandre, also filed similar patents as early as 1845[1]. Later developments, such as those by Halary in 1855, included various configurations of parabolic bells to improve sound projection. These ideas were also adopted by instrument makers such as Couturier, who made trumpets and trombones featuring parabolic bells in the years 1865-70[2]. Despite being undeniably innovative, the true contribution to acoustics of Sax’s parabolic bells is difficult to establish. It is possible that the narrow internal bells, typical of trumpets in ancient Egypt, did have a significant effect on sound quality. This would explain the immense success met by the triumphal march during its Parisian performance.


[1] Evgenia Mitroulia, Adolphe Sax’s Brasswind Production with a Focus on Saxhorns and Related Instruments, University of Edinburgh, 2011

[2] Evgenia Mitroulia, Adolphe Sax’s Brasswind Production with a Focus on Saxhorns and Related Instruments, University of Edinburgh, 2011

The instruments produced

Aida’s trumpet in the Vichy Enchères sale on 13 April 2024 was therefore created by Adolphe Sax, in the circumstances described above. This is one of the few examples we know of, which gives it major historical importance, even though its bell is different from the others. Despite this, it retains its characteristic valve system and other original parts, including its stamp. Aida trumpets of this type are very rare, as they were made in small numbers, and the rare models that have survived are now kept in public collections. Until recently, we only knew two sets of six Aida trumpets, making it 12 recorded examples in total – this one is therefore the 13th. In the 19th century, two sets of three of these Aida trumpets were part of the collection of Count Adhémar de Foucault – then the owner of an impressive collection and a private brass orchestra.

“What were these instruments doing in a private brass orchestra that was not giving performances of great operas? Was it to show off? Currently, four of them are recorded in the database of the University of Edinburgh, [including a trumpet] sold in Vichy on 4 December 1999 (lot 289) to the Musical Instruments Museum in Brussels.”

Larigot, n°51, pp.8-9

These instruments were sold at auction. Two trumpets can be found today in the musical instrument collections of the University of Edinburgh and the Trompetenmuseum in Bad Säckingen. A complete set of six can be found at the Paris Music Museum. An example is also kept in the private collection of Bruno Kampmann. These trumpets have two variations regarding the positioning of the bells. Some have their parabolic bell placed a few centimetres inside the main bell, while in others it is attached to the end of the main bell. According to Sax’s patent, this would affect the sound differently in each case.

This discovery of a new Aida trumpet made by Adolphe Sax is therefore a wonderful surprise, and offers the opportunity of hearing this instrument, when almost all of the other ones of this type are kept behind glass in collections.

Don’t miss our exhibitions if you want to view this historic piece, or if you can dare to make it sound, and, maybe, you’ll march triumphantly after having acquired it!

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