Vichy Enchères

La collection d’instruments de Jean-Claude Veilhan

La collection de Jean-Claude Veilhan, qui sera dispersée à Vichy Enchères le 7 novembre 2026, rassemble des instruments qui ont accompagné plusieurs décennies de pratique et de recherche. Clarinettiste de formation, Veilhan s’est très tôt tourné vers les instruments anciens afin d’aborder des répertoires qui s’étendent du Moyen Âge au XIXème siècle. Flûtes à bec, cromornes, chalumeaux, clarinettes anciennes et cors de basset occupent ainsi une place importante dans son parcours. La collection porte directement la trace de ce travail. Quelques instruments anciens y côtoient de nombreuses copies et reconstitutions contemporaines, auxquelles s’ajoutent des corps de rechange, des barillets, des becs et des anches. Leur réunion permet de suivre le parcours d’un musicien pour lequel la recherche sur les répertoires s’est accompagnée d’une recherche tout aussi importante sur les instruments nécessaires à leur interprétation.

Par Cécile Alves-Convert, documentaliste pour Vichy Enchères

Jean-Claude Veilhan et les instruments anciens

De la clarinette aux instruments anciens

Né en 1940, Jean-Claude Veilhan reçoit d’abord une formation de clarinettiste moderne. Il étudie à Versailles et à Paris auprès d’Henri Dionet et Ulysse Delécluse, ainsi que la musique de chambre avec Jean Françaix. Il se tourne ensuite vers les instruments anciens et s’initie auprès d’Antoine Geoffroy-Dechaume à l’interprétation des musiques des XVIIème et XVIIIème siècles.

Ce passage aux instruments anciens répond à son désir d’explorer des répertoires antérieurs à celui de la clarinette moderne. Veilhan explique lui-même avoir voulu aborder un répertoire antérieur à celui de la clarinette, le conduisant notamment vers la flûte à bec. Il apprend également le traverso et pratique bientôt un panel d’instruments beaucoup plus large.

Cette diversité apparaît dès les années 1970. Au sein du Florilegium Musicum de Paris, Veilhan joue notamment de la flûte à bec, du cromorne, de la bombarde, du chalumeau ou encore du hautbois du Poitou. Son activité s’inscrit alors dans la redécouverte de répertoires allant du Moyen Âge à l’époque baroque. Il participe également pendant de nombreuses années à La Grande Écurie et la Chambre du Roy, fondée en 1966 par Jean-Claude Malgoire et qui compte parmi les ensembles pionniers du renouveau de l’interprétation sur instruments anciens en France. Veilhan y tient une place importante, d’abord à la flûte à bec, puis également dans les répertoires liés à la clarinette ancienne et à la clarinette de basset. Cette collaboration se poursuit pendant de nombreuses années. En 1977, Veilhan enregistre avec La Grande Écurie et la Chambre du Roy les Six Concertos pour flûte, op. 10 de Vivaldi (Antonio Vivaldi, Six Concertos pour flûte, op. 10, CBS, 1977).

Dix ans plus tard, on le retrouve à la clarinette de basset dans le Concerto K. 622 de Mozart avec le même ensemble, travail qui aboutira également à l’enregistrement de L’Œuvre pour clarinette de basset[1]. La Grande Écurie accompagne ainsi plusieurs étapes importantes de ses recherches sur les instruments anciens et leurs répertoires.

Parallèlement aux concerts et aux enregistrements, Veilhan entreprend un important travail sur les sources. Il publie en 1977 Les Règles de l’interprétation musicale à l’époque baroque, consacré notamment à la notation, au tempo, à l’articulation et à l’ornementation, puis poursuit ses travaux autour de la flûte à bec[2]. L’ouvrage fut traduit dans un grand nombre de langues, y compris le japonais, rendant compte de la portée de ses recherches.


[1] INA, 1987 ; Wolfgang Amadeus Mozart, L’Œuvre pour clarinette de basset, K617

[2] Jean-Claude Veilhan, Les Règles de l’interprétation musicale à l’époque baroque, Paris, Alphonse Leduc, 1977

Le retour à la clarinette

Après ses recherches sur les flûtes anciennes, Jean-Claude Veilhan revient à la clarinette, mais en s’intéressant à celles historiques. Cette étape est importante pour comprendre la collection actuelle.

Il travaille notamment à partir des instruments anciens de la collection de Geneviève Thibault de Chambure, conservatrice du Musée instrumental du Conservatoire de Paris. Celle-ci le présente comme le premier interprète en France à remettre la clarinette ancienne en usage.

Dès 1974, Veilhan donne à Paris, avec Noël Lee au pianoforte et Sigiswald Kuijken à l’alto, le Trio des quilles de Mozart sur instruments d’époque. Cette exécution, présentée comme une première en France, montre que son travail sur la clarinette historique est déjà engagé au milieu des années 1970.

Veilhan ne s’intéresse d’ailleurs pas à un seul état de l’instrument. Ses recherches le conduisent aussi à explorer les différents instruments de la famille de la clarinette et leurs répertoires, du chalumeau chez Vivaldi et Graupner, au cor de basset, en passant par les clarinettes du XVIIIème siècle. Il enregistre également l’intégrale des six concertos pour clarinette en ré de Johann Melchior Molter sur instruments d’époque et poursuit ses recherches autour de Mozart et d’Anton Stadler.

Ce travail s’étend ensuite au XIXème siècle. Sa discographie comprend notamment le Quintette avec clarinette de Brahms dans sa version originale sur instruments d’époque, ainsi que le Quintette avec clarinette de Stephan Krehl, contemporain de Brahms. La clarinette ancienne est donc envisagée sur une période beaucoup plus large que le seul XVIIIème siècle, puisque Jean-Claude Veilhan cherche à retrouver les différents instruments correspondant aux répertoires qu’il aborde.

Recherche et transmission

Ce travail d’interprète s’accompagne d’une activité de recherche et d’enseignement. Veilhan donne notamment des conférences d’organologie au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et enseigne la clarinette ancienne au CNSM de Lyon. Ses publications prolongent elles aussi ce travail – depuis les règles de l’interprétation baroque jusqu’aux ouvrages pédagogiques consacrés à la flûte à bec.

En 1981, il est également à l’origine de la création de l’Association française pour la flûte à bec, dont il devient président.

L’association publie pendant neuf ans la revue Flûte à bec, devenue Flûte à bec et instruments anciens (FABIA). Les numéros de cette revue témoignent notamment des recherches menées à cette époque sur les instruments conservés dans les musées et sur leur reconstruction.

Cette activité permet de mieux comprendre la collection. Les instruments y apparaissent comme les traces d’un travail mené à la fois dans les bibliothèques, dans les collections publiques, auprès des facteurs et dans la pratique musicale.

Le Trio di Bassetto

Le cor de basset représente l’un des prolongements les plus importants de ces recherches. Avec Éric Lorho et Jean-Louis Gauch, Veilhan fonde le Trio di Bassetto, ensemble constitué autour de cet instrument et des formations qui existaient à l’époque de Mozart.

Le Trio s’attache à faire revivre un répertoire de la fin du XVIIIème siècle alors largement oublié. Les trois musiciens effectuent des recherches dans les bibliothèques d’Europe centrale et travaillent notamment sur les œuvres de Mozart et d’Anton Stadler. Pour K617, ils enregistrent l’intégrale des Terzetten de Stadler pour cors de basset ainsi que les cinq Divertimenti de Mozart, auxquels s’ajoutent trios, quatuors et quintettes associant clarinettes et cors de basset[1].

La recherche des partitions s’accompagne de celle des instruments et s’associe, pour cela, au facteur Andreas Schöni qui reconstitue des chalumeaux et des clarinettes allemands et viennois : 

“Le Trio di Bassetto s’attache depuis sa création à faire revivre ces musiques, souvent oubliées de nos jours, dont l’Europe centrale était friande. Il s’est associé dans ses recherches avec le facteur Andreas Schöni qui a reconstitué des instruments allemands et viennois de l’époque (chalumeaux et clarinettes) et, en particulier, les fameux cors de basset du viennois Theodor Lotz, qui travaillait lui-même en collaboration avec Anton Stadler.”

Le Trio di Bassetto et ses invités, Mozart. Prague, les dernières vendanges, livret du disque, K617, réf. K617167, p. 24.

Ce travail concrétise ainsi une recherche commencée bien auparavant par Veilhan sur les différentes formes de la clarinette. Après avoir remis en pratique les clarinettes historiques, il retrouve avec le Trio les répertoires destinés au cor de basset et travaille avec les facteurs à la restitution des instruments nécessaires pour les jouer.


[1] Trio di Bassetto, livret K617

Les instruments anciens de la collection

Les clarinettes

Les clarinettes anciennes représentent l’un des ensembles les plus importants de la collection. Parmi elles se trouve un coffret parisien du milieu du XIXème siècle réunissant une clarinette en ut et une clarinette en si bémol portant l’estampille de Clair Godefroy Aîné, avec un corps de rechange pour la.

La maison Godfroy appartient aux grandes familles de facteurs d’instruments à vent issues de La Couture-Boussey avant de développer son activité à Paris. Clair Godfroy Aîné est récompensé aux Expositions des produits de l’industrie dès sa première participation en 1823[1]. En 1834, le jury estime qu’on lui doit “de grands perfectionnements dans les instruments à vent”[2] et relève notamment les innovations apportées à sa clarinette, aux côtés de sa petite flûte et de sa flûte-flageolet. Si la maison est aujourd’hui surtout connue pour ses flûtes, elle produit donc également des clarinettes et participe aux recherches consacrées à leur facture.


[1] William Waterhouse et Lyndesay G. Langwill, The New Langwill Index: a Dictionary of Musical Wind-Instrument Makers and Inventors, London, Tony Bingham, 1993

[2] Rapport de jury de l’Exposition des produits de l’industrie française, 1834

Le coffret conservé par Veilhan est également intéressant par la réunion de plusieurs tonalités. Les corps de rechange permettent alors de répondre aux différentes tonalités de jeu mais aussi aux variations du diapason, avant son uniformisation en France en 1859[1].

Une clarinette estampillée Baumann, en si bémol avec barillet de la, témoigne d’une autre facture du début du XIXème siècle. L’instrument de la collection, construit en buis et muni de cinq clefs carrées en laiton, conserve encore les caractéristiques d’une facture proche de celle de la fin du XVIIIème siècle.

D’autres instruments complètent cet ensemble, notamment des clarinettes de J. F. Martin, D. Noblet Aîné et Amlingue. Les familles Martin et Noblet appartiennent au foyer de La Couture-Boussey, important centre de la facture des bois au XIXème siècle – les Noblet s’étant notamment spécialisés dans la clarinette et ayant repris en 1855 le fonds de François Lefèvre[2].


[1] Musée des instruments à vent, “Les facteurs d’instruments de La Couture-Boussey”

[2] Musée des instruments à vent, “Les facteurs d’instruments de La Couture-Boussey”

Flûtes et flageolets

Les autres vents anciens sont moins nombreux. Une flûte en buis à cinq clefs de Thibouville Buffet, réalisée vers 1850, rappelle à nouveau la place occupée par les ateliers de La Couture-Boussey dans la facture française du XIXème siècle. La famille Thibouville y développe une production particulièrement étendue, comprenant notamment flûtes, clarinettes, hautbois, flageolets, cors anglais et bassons.

Plus singulier est le flageolet d’oiseau de la fin du XVIIIème siècle, réalisé en ébène avec bague et bec en ivoire. À côté du flageolet de Thibouville du début du XIXème siècle également présent dans la collection, ce modèle témoigne d’une forme spécialisée du flageolet aujourd’hui beaucoup moins connue. Des exemplaires du XVIIIème siècle, notamment de Charles Bizey, sont conservés au Musée de la musique.

Ces quelques instruments anciens prennent surtout leur sens lorsqu’ils sont rapprochés des nombreuses copies et fabrications contemporaines conservées par Veilhan. Celles-ci correspondent beaucoup plus directement aux instruments qu’il a pratiqués au cours de sa carrière.

Copies et reconstitutions

Flûtes à bec, chalumeaux et cromornes

La flûte à bec occupe une place importante dans la collection comme dans la carrière de Jean-Claude Veilhan. Les instruments de Claude Monin, Dolmetsch, Moeck ou Hans Coolsna appartiennent au contexte de redécouverte moderne de l’instrument auquel il participe dès les années 1970. Ses publications et son enseignement témoignent parallèlement de son souci de retrouver les pratiques décrites par les sources anciennes. Les cromornes permettent de mesurer l’étendue de cette pratique.

La collection comprend notamment un ensemble contemporain de quatre instruments de tonalités différentes, auquel s’ajoute un cromorne droit. Leur présence correspond à une pratique attestée très tôt chez Veilhan. En 1973, au Festival d’Avignon, il joue déjà des cromornes avec le Florilegium Musicum de Paris, aux côtés des flûtes à bec, bombardes, du chalumeau et du hautbois du Poitou. En 1976, il joue encore du cromorne, aux côtés de la flûte traversière et des flûtes à bec Renaissance, dans l’enregistrement des XIX Chansons nouvelles de Clément Janequin par l’Ensemble Polyphonique de France, sous la direction de Charles Ravier[2].

Il en va de même du chalumeau, auquel Veilhan consacre une part importante de ses recherches et de sa discographie. Il travaille notamment sur les œuvres de Vivaldi et Graupner et enregistre une anthologie consacrée aux concertos du XVIIIème siècle pour chalumeau et orchestre. Les trois chalumeaux d’Andreas Schöni et celui de Moeck conservés dans la collection prennent ainsi place dans une pratique bien documentée.

Flûtes à bec, cromornes et chalumeaux montrent que le passage de Veilhan aux instruments anciens ne s’est jamais limité à l’adoption d’un nouvel instrument. Il cherchait au contraire les vents correspondant aux différents répertoires qu’il souhaite aborder.


[2] Clément Janequin, XIX Chansons nouvelles, Ensemble Polyphonique de France, dir. Charles Ravier, Astrée, enregistrement 1976

Clarinettes et cors de basset

Cette démarche pose nécessairement la question de la reconstitution lorsque les instruments recherchés ne sont plus disponibles sous une forme jouable. Les collections des musées prennent alors une importance particulière.

Cet intérêt pour les collections muséales apparaît très tôt dans le parcours de Veilhan puisque son retour à la clarinette s’effectue déjà grâce aux instruments historiques de la collection de Geneviève Thibault de Chambure. En 1984, la reconstitution d’un cor de basset de Friedrich Gabriel August Kirst conservé au Musée du Conservatoire de Paris fournit un autre exemple de cette démarche. Laurent Verjat en réalise alors un exemplaire pour Jean-Claude Veilhan, destiné notamment au répertoire de Mozart [1].

L’original conservé au Musée du Conservatoire de Paris est étudié et mesuré. Son diapason, sa perce et ses dimensions sont relevés. Henri Gohin intervient notamment pour le tournage et la perce, tandis que Laurent Verjat réalise les clefs et les coudes[2]. La copie procède donc directement de l’examen de l’instrument historique et répond à un besoin précis de l’interprète.

Dans la collection de Veilhan, une clarinette en buis à deux clefs réalisée par Laurent Verjeat d’après Denner s’inscrit dans cette même logique. Verjat apparaît également parmi les auteurs de relevés techniques de clarinettes historiques conservées au Musée de la musique, notamment des instruments de Johannes Scherer et de Godefroy Adrien Rottenburgh. L’étude des collections et la réalisation de nouveaux instruments apparaissent ainsi étroitement liées.


[1] Le cor de basset de Friedrich Gabriel August Kirst (Potsdam 1750-1806) », Flûte à bec et instruments anciens (FABIA), n°18, Association française pour la flûte à bec, 1985 

[2] Le cor de basset de Friedrich Gabriel August Kirst (Potsdam 1750-1806) », Flûte à bec et instruments anciens (FABIA), n°18, Association française pour la flûte à bec, 1985 

Andreas Schöni et Jean-Claude Veilhan

Parmi les facteurs représentés dans la collection, Andreas Schöni occupe une place particulière. Veilhan conserve de lui une clarinette d’amour, plusieurs cors de basset, trois chalumeaux ainsi qu’un ensemble de trois clarinettes en ut, si bémol et la.

Comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises, Schöni est directement impliqué dans l’étude des instruments historiques. Dans les années 1980, il réalise des relevés de clarinettes de Johannes Scherer, Godefroy Adrien Rottenburgh, Friedrich Gabriel August Kirst, Jean-Jacques Baumann et Nicolas Winnen conservées au Musée de la musique de Paris.

Sa collaboration avec le Trio di Bassetto s’inscrit dans le prolongement de ces recherches (cf ci dessous). Les recherches des musiciens dans les bibliothèques trouvent ainsi leur pendant dans le travail du facteur sur les instruments conservés. Veilhan et ses amis musiciens retrouvent les œuvres, tandis que des facteurs comme Schöni étudie les instruments et en restitue la facture. Les nombreux instruments de Schöni présents dans la collection sont donc aujourd’hui les témoins de cette collaboration.

Olivier Cottet

Aux côtés d’Andreas Schöni, Olivier Cottet occupe une place importante parmi les facteurs contemporains présents dans la collection. Nommé Maître d’Art en 2002, il s’est consacré à la facture et à la reconstitution des instruments à vent historiques, travaillant notamment à partir d’instruments conservés dans les musées et de sources anciennes. Son activité concerne principalement les instruments à anche double. Dans le cadre d’un projet de recherche de la Schola Cantorum de Bâle consacré aux instruments de la Grande Écurie, il réalise notamment trois modèles de cromornes français à partir de l’étude des sources et des instruments conservés[1].


[1] Robin, Vincent, “Un essai de reconstruction des Cormornes de la Grande Écurie à la cour de Louis XIV”, Schola Cantorum Basiliensis, projet de recherche La Grande Écurie du Roi. Projet zur Erforschung und Rekonstruktion der Instrumente und ihres Repertoires am Hof Ludwigs XIV. und XV., 1er décembre 2009

Son travail autour de la clarinette de basset et du cor de basset est particulièrement bien représenté chez Veilhan. La collection comprend une copie moderne de clarinette de basset en la, en buis, munie de dix clefs en laiton et accompagnée d’un second pavillon de rechange. S’y ajoutent un autre corps de basset au pavillon estampillé “GAUDET” et un corps de clarinette de basset en la, réalisé vers 1990. Cet ensemble prend naturellement place parmi les instruments réunis par Veilhan pour ses recherches sur les formes graves de la famille de la clarinette.

Cottet et Schöni appartiennent ainsi à cette génération de facteurs dont le travail de reconstitution a rendu possible la remise en pratique de nombreux instruments à vent historiques. Leur présence dans la collection rejoint directement la démarche de Veilhan, fondée sur le retour aux instruments correspondant aux répertoires qu’il souhaitait étudier et interpréter.

La collection de Jean-Claude Veilhan apparaît étroitement liée à son parcours. Formé à la clarinette moderne, il se tourne d’abord vers les flûtes anciennes pour explorer des répertoires antérieurs, avant de revenir à la clarinette par l’intermédiaire des instruments historiques conservés dans les collections publiques. À partir de là, ses recherches s’étendent aux différents membres de cette famille, du chalumeau au cor de basset, puis jusqu’aux clarinettes du répertoire romantique. Les instruments anciens de Godfroy, Baumann, Martin ou Noblet témoignent de cette attention portée à l’histoire de la facture. Les flûtes à bec, cromornes et chalumeaux correspondent quant à eux à un panel d’instruments effectivement pratiqué par Veilhan, tandis que les nombreuses reconstitutions rappellent le travail mené avec les facteurs pour retrouver des instruments qui n’étaient plus disponibles sous leur forme historique. Nous vous donnons rendez-vous le samedi 7 novembre pour suivre la dispersion de cette remarquable collection.

Nous remercions la famille Veilhan pour tous les éléments de documentation fournis et leur aide précieuse dans la rédaction de cet article.

THE INSTRUMENT COLLECTION OF JEAN-CLAUDE VEILHAN

The collection of Jean-Claude Veilhan, which will be auctioned at Vichy Enchères on 7 November 2026, includes instruments that accompanied decades of performance and research. Veilhan, who trained as a clarinettist, turned to period instruments early in his career in order to perform repertoires spanning from the Middle Ages to the 19th century. Recorders, crumhorns, chalumeaux, period clarinets and basset horns thus play a significant role in his musical journey. The collection bears direct witness to this work. A few period instruments sit alongside several contemporary copies and reproductions, as well as spare joints, barrels, mouthpieces and reeds. Together, they trace the journey of a musician for whom research into repertoires went hand in hand with equally important research into the instruments required for their performance.

By Cécile Alves-Convert, archivist at Vichy Enchères

Jean-Claude Veilhan and early instruments

From the clarinet to early instruments

Jean-Claude Veilhan was born in 1940, and he initially trained as a modern clarinettist. He studied in Versailles and Paris under Henri Dionet and Ulysse Delécluse, as well as chamber music with Jean Françaix. He subsequently turned to early instruments, learning the art of performing 17th- and 18th-century music under Antoine Geoffroy-Dechaume.

This shift to early instruments was driven by a desire to explore repertoires predating the era of the modern clarinet. Veilhan himself explained that he wanted to explore music from before the advent of the clarinet, a pursuit that led him to the recorder in particular. He also learned the baroque flute and soon began playing a much wider range of instruments.

This diversity was evident as early as the 1970s. As a member of the Florilegium Musicum of Paris, Veilhan played instruments such as the recorder, crumhorn, bombarde, chalumeau and Poitou oboe. His work was part of the broader rediscovery of repertoires spanning from the Middle Ages to the Baroque era. For many years, he also performed with La Grande Écurie et la Chambre du Roy, founded in 1966 by Jean-Claude Malgoire as one of the pioneering ensembles in the revival of period-instrument performance in France. Veilhan played a significant role in the ensemble, initially as a recorder player, and later performing repertoire for the early clarinet and basset clarinet. This collaboration spanned many years. In 1977, he recorded Vivaldi’s Six Flute Concertos, Op. 10, with La Grande Écurie et la Chambre du Roy (Antonio Vivaldi, Six Concertos for flute, op. 10, CBS, 1977).

Ten years later, he performed the basset clarinet part in Mozart’s Concerto K. 622 with the same ensemble, a project that also led to the recording of L’Œuvre pour clarinette de basset (Works for basset clarinet) [1]. La Grande Écurie thus accompanied several key stages of his research into period instruments and their repertoires.

Alongside his concerts and recordings, Veilhan undertook significant research into historical sources. In 1977, he published Les Règles de l’interprétation musicale à l’époque baroque (The rules of musical interpretation in the Baroque era), a work focusing on notation, tempo, articulation and ornamentation. This was followed by research on the recorder [2].The book was translated into several languages, including Japanese, reflecting the wide reach of his research.


[1] INA, 1987 ; Wolfgang Amadeus Mozart, L’Œuvre pour clarinette de basset, K617

[2] Jean-Claude Veilhan, Les Règles de l’interprétation musicale à l’époque baroque, Paris, Alphonse Leduc, 1977

A return to the clarinet

After his research into early flutes, Jean-Claude Veilhan returned to the clarinet, focusing specifically on historical models. This phase is crucial to understanding the current collection.

He worked in particular with antique instruments from the collection of Geneviève Thibault de Chambure, curator of the Musée Instrumental du Conservatoire de Paris. She introduced him as the first performer in France to bring the early clarinet back into use.

As early as 1974, Veilhan performed Mozart’s Kegelstatt Trio in Paris on period instruments, alongside Noël Lee on fortepiano and Sigiswald Kuijken on viola. Billed as a French premiere, this performance demonstrated that his work on the early clarinet was already well underway by the mid-1970s.

Veilhan did not focus solely on a single form of the instrument. His research led him to explore the various instruments of the clarinet family and their respective repertoires, ranging from the chalumeau (as used by Vivaldi and Graupner) and the basset horn, to 18th-century clarinets. He also recorded the complete set of six clarinet concertos in D major by Johann Melchior Molter on period instruments and continued his research into the music of Mozart and Anton Stadler.

This work subsequently extended into the 19th century. His discography includes in particular Brahms’s Clarinet Quintet in its original version performed on period instruments, as well as the Clarinet Quintet by Stephan Krehl, a contemporary of Brahms. The scope of his research into the historical clarinet thus extended well beyond the 18th century, as Jean-Claude Veilhan sought to find instruments that were historically correct for the repertoires he performed.

Research and teaching

His work as a performer went hand in hand with his research and teaching. In particular, Veilhan lectured on organology at the Conservatoire National Supérieur de Musique in Paris, and taught the period clarinet at the CNSM in Lyon. His publications – ranging from treatises on Baroque performance to educational publications on the recorder – further extended this work.

In 1981, he also spearheaded the creation of the Association française pour la flûte à bec (French recorder association), serving as its president.

For nine years, the association published the journal Flûte à bec, which later became Flûte à bec et instruments anciens (FABIA). The journal reported in particular on the research conducted at the time into museum-held instruments and their reproduction.

This activity sheds light on the instruments in his collection. They stand as evidence of work carried out across libraries, public collections and instrument workshops, and into musical practices.

The Trio di Bassetto

The basset horn represents one of the most significant extensions of this research. Together with Éric Lorho and Jean-Louis Gauch, Veilhan founded the Trio di Bassetto, an ensemble centred on this instrument and the types of chamber ensembles that existed during Mozart’s time.

The Trio was dedicated to reviving a late 18th-century repertoire that had largely fallen into oblivion. The three musicians conducted research in Central European libraries, focusing particularly on the works of Mozart and Anton Stadler. For the K617 label, they recorded the complete set of Stadler’s Terzetten (trios) for basset horns, as well as Mozart’s five Divertimenti, alongside trios, quartets and quintets combining clarinets and basset horns[1].

The search for music scores went hand in hand with the search for instruments; to this end, the group partnered with instrument maker Andreas Schöni, who restored German and Viennese chalumeaux and clarinets:

“Since its inception, the Trio di Bassetto‘s purpose has been to revive this music, once beloved in Central Europe, but often forgotten today. In its research, the ensemble has collaborated with instrument maker Andreas Schöni, who has restored period German and Viennese instruments (chalumeaux and clarinets), most notably the famous basset horns by the Viennese maker Theodor Lotz, who himself worked in collaboration with Anton Stadler.”

Le Trio di Bassetto et ses invités, Mozart. Prague, les dernières vendanges, livret du disque, K617, réf. K617167, p. 24.

This project therefore crystalised research begun much earlier by Veilhan into the various forms of the clarinet. After reviving the performance on period clarinets, he, alongside his Trio, rediscovered the repertoire written for the basset horn and worked with instrument makers to restore the instruments required to perform it.


[1] Trio di Bassetto, livret K617

The period instruments in the collection

Clarinets

Period clarinets constitute one of the most significant groups in the collection. Among them is a mid-19th-century Parisian case containing a C clarinet and a B-flat clarinet bearing the stamp of Clair Godefroy Aîné, along with an interchangeable joint for A.

The Godefroy firm belongs to the great families of wind instrument makers that originated in La Couture-Boussey, before expanding their activity to Paris. Clair Godefroy Aîné received awards at the Expositions des produits de l’industrie (Exhibitions of manufactured products) as early as his first participation in 1823 [1]. In 1834, the jury credited him with “major improvements to wind instruments” [2], specifically noting innovations made to his clarinet, as well as his small flute and flute-flageolet. Although the firm is best known today for its flutes, it also produced clarinets and contributed to research into their design and construction.


[1] William Waterhouse et Lyndesay G. Langwill, The New Langwill Index: a Dictionary of Musical Wind-Instrument Makers and Inventors, London, Tony Bingham, 1993

[2] Rapport de jury de l’Exposition des produits de l’industrie française, 1834

The cased set held by Veilhan is also notable for bringing together instruments in various keys. Interchangeable body sections allowed players to adapt to different keys and variations in pitch, before its standardization in France in 1859[1].

A B-flat clarinet stamped Baumann, with an interchangeable A-joint, exemplifies another style of early 19th-century craftsmanship. This instrument, made of boxwood and fitted with five square brass keys, retains construction features typical of the late 18th century.

Other instruments round off the collection, including clarinets by J. F. Martin, D. Noblet Aîné and Amlingue. The Martin and Noblet families operated in La Couture-Boussey, a major centre for woodwind instrument making in the 19th century, with the Noblet family, which acquired François Lefèvre’s business assets in 1855, specializing in the clarinet[2].


[1] Musée des instruments à vent, “Les facteurs d’instruments de La Couture-Boussey”

[2] Musée des instruments à vent, “Les facteurs d’instruments de La Couture-Boussey”

Flutes and flageolets

Other early wind instruments are represented, but to a lesser extent. A five-keyed boxwood flute by Thibouville Buffet, made around 1850, once again highlights the significant role played by the workshops of La Couture-Boussey in 19th-century French instrument making. The Thibouville family produced a wide range of instruments there, including flutes, clarinets, oboes, flageolets, cor anglais and bassoons.

More unusual is the late 18th-century bird flageolet, crafted from ebony with an ivory ferrule and mouthpiece. Alongside the early 19th-century Thibouville flageolet also in the collection, this example represents a specialized type of flageolet that is far less known today. Examples from the 18th century, in particular by Charles Bizey, are held at the Musée de la Musique.

These few early instruments are best understood when viewed alongside the many copies and modern reproductions held by Veilhan. The latter correspond much more directly to the instruments he played throughout his career.

Copies and reproductions

Recorders, chalumeaux and crumhorns

The recorder holds pride of place in both the collection and Jean-Claude Veilhan’s career. Instruments by makers such as Claude Monin, Dolmetsch, Moeck and Hans Coolsna fit into the context of the modern rediscovery of the instrument, to which Veilhan participated as early as the 1970s. Both his publications and teaching reflect a commitment to rediscover the practices described in historical sources. The crumhorns provide a sense of the scope of this practice.

The collection includes in particular a contemporary set of four instruments in different keys, complemented by a straight crumhorn. Their presence reflects a practice Veilhan adopted early in his career. In 1973, at the Avignon Festival, he was already performing on crumhorns with the Florilegium Musicum of Paris, alongside recorders, bombardes, chalumeaux and Poitou oboes. In 1976, he again played the crumhorn, alongside the transverse flute and Renaissance recorders, on the recording by the Ensemble Polyphonique de France of Clément Janequin’s XIX Chansons nouvelles, conducted by Charles Ravier[2].

The same applies to the chalumeau, an instrument to which Veilhan devoted a significant portion of his research and discography. In particular, he took on the works of Vivaldi and Graupner and recorded an anthology of 18th-century concertos for chalumeau and orchestra. The three chalumeaux by Andreas Schöni and the one by Moeck held in the collection thus form part of a well-documented musical practice.

Recorders, crumhorns and chalumeaux demonstrate that Veilhan’s shift towards early instruments was never merely a matter of adopting a new instrument; instead, he sought out the specific wind instruments suited to the various repertoires he wished to perform.


[2] Clément Janequin, XIX Chansons nouvelles, Ensemble Polyphonique de France, dir. Charles Ravier, Astrée, enregistrement 1976

Clarinets and basset horns

This approach inevitably raised the question of the reproduction of instruments that are no longer available in playable condition. Museum collections therefore took on particular importance.

This interest in museum collections emerged very early on in Veilhan’s career, as his return to the clarinet was possible thanks to historical instruments from the collection of Geneviève Thibault de Chambure. The 1984 reproduction of a basset horn by Friedrich Gabriel August Kirst held at the Musée du Conservatoire de Paris provides another example of this process. Laurent Verjat made a replica for Jean-Claude Veilhan, intended specifically for the repertoire of Mozart [1].

The original instrument held at the Musée du Conservatoire de Paris was studied and measured. Its pitch, bore and dimensions were all recorded. Henri Gohin was in charge in particular of the turning and the bore, while Laurent Verjat crafted the keys and the curved sections[2]. The copy was therefore derived directly from the study of the original instrument and met a specific need for the performer.

In the collection of Veilhan, a boxwood clarinet with two keys, made by Laurent Verjat after a Denner model, followed this same approach. Verjat is also among those who have produced technical drawings of historical clarinets held at the Musée de la musique, in particular instruments by Johannes Scherer and Godefroy Adrien Rottenburgh. The study of collections and the creation of new instruments were therefore closely linked.


[1] Le cor de basset de Friedrich Gabriel August Kirst (Potsdam 1750-1806) », Flûte à bec et instruments anciens (FABIA), n°18, Association française pour la flûte à bec, 1985 

[2] Le cor de basset de Friedrich Gabriel August Kirst (Potsdam 1750-1806) », Flûte à bec et instruments anciens (FABIA), n°18, Association française pour la flûte à bec, 1985 

Andreas Schöni and Jean-Claude Veilhan

Among the makers represented in the collection, Andreas Schöni holds a special place. Veilhan owns a clarinet d’amore, several basset horns, three chalumeaux and a set of three clarinets in C, B-flat and A, all by this maker.

As previously pointed out, Schöni was directly involved in the study of historical instruments. In the 1980s, he produced detailed measurements and technical drawings of clarinets by Johannes Scherer, Godefroy Adrien Rottenburgh, Friedrich Gabriel August Kirst, Jean-Jacques Baumann and Nicolas Winnen held at the Musée de la Musique in Paris.

His collaboration with the Trio di Bassetto was a natural extension of this research (see below). The musicians’ historical research was thus complemented by the maker’s work on the surviving instruments. While Veilhan and his fellow musicians rediscovered the repertoire, makers like Schöni studied the instruments and revived their production. The many instruments by Schöni in the collection stand today as a testament to this collaboration.

Olivier Cottet

Alongside Andreas Schöni, Olivier Cottet holds a prominent place among the contemporary makers represented in the collection. Named a Maître d’Art (Master craftsman) in 2002, he has dedicated himself to the making and reproduction of historical wind instruments, working primarily from museum examples and early sources. His work focuses mainly on double-reed instruments. As part of a research project at the Schola Cantorum in Basel dedicated to the instruments of the Grande Écurie, he created three examples of French crumhorns based on the study of both source documents and surviving instruments[1].


[1] Robin, Vincent, “Un essai de reconstruction des Cormornes de la Grande Écurie à la cour de Louis XIV”, Schola Cantorum Basiliensis, projet de recherche La Grande Écurie du Roi. Projet zur Erforschung und Rekonstruktion der Instrumente und ihres Repertoires am Hof Ludwigs XIV. und XV., 1er décembre 2009

His work on the basset clarinet and basset horn is particularly well represented in Veilhan’s collection. The collection includes a modern copy of a basset clarinet in A made of boxwood, featuring ten brass keys and a spare bell. Also included are an additional basset joint with a bell stamped « GAUDET » and a basset clarinet joint in A, made around 1990. These instruments fit naturally into the collection assembled by Veilhan for his research into the lower-register instruments of the clarinet family.

Cottet and Schöni belong to that generation of instrument makers whose reproduction work made it possible to revive the playing of many historical wind instruments. Their presence in the collection directly aligns with Veilhan’s approach, which was based on returning to instruments that matched the repertoires he wished to study and perform.

Jean-Claude Veilhan’s collection is closely linked to his own career path. While he trained on the modern clarinet, he subsequently turned his attention to early flutes in order to explore earlier repertoires, before returning to the clarinet through historical instruments held in public collections. From there, his research expanded to include various members of the clarinet family, from the chalumeau and basset horn to the clarinets of the Romantic era. Early instruments by makers such as Godfroy, Baumann, Martin and Noblet bear witness to his keen interest in the history of instrument making. The recorders, crumhorns and chalumeaux are instruments Veilhan actually played, while the various reproductions reflect the collaborative work undertaken with makers to rediscover instruments that were no longer available in their historical forms. Join us on Saturday 7 November for the sale of this remarkable collection.

We extend our deepest gratitude to the Veilhan family for providing documentation and for their invaluable contribution to this article.

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